La délégation de la commission des libertés civiles du Parlement européen sur l’État de droit a achevé, mercredi 23 février, une visite de trois jours en Pologne où elle a pu s’enquérir des problèmes liés à la chambre disciplinaire de la Cour suprême et, plus largement, du manque d’indépendance du système judiciaire, à travers des rencontres avec des membres de la magistrature.
La délégation, menée par l'Espagnol Juan Fernando Lopez Aguilar (S&D), l’Autrichien Othmar Karas (PPE) et l’Allemande Gabriele Bischoff (S&D), a ainsi pu recueillir des témoignages de migrants, mais aussi s’inquiéter de la situation des femmes ou des personnes LGBTIQ et elle fera rapport de sa visite à ses collègues, a dit la députée allemande.
La délégation s’est aussi intéressée à la question de la liberté des médias en vue de la création au PE d’une commission d’enquête sur l’utilisation du logiciel espion Pegasus. Pour Othmar Karas, cette visite a été, en tout cas, l’occasion de faire passer un message fort à la fois au gouvernement polonais ainsi qu’à la Commission, le député estimant « qu’aucun centime des fonds de la relance » ne doit être versé à Varsovie tant que l’arrêt de la Cour de justice sur la chambre disciplinaire n’aura pas été « intégralement mis en œuvre ».
Alors que la situation de l’État de droit s’est « détériorée » dans le pays, le président de la commission des libertés civiles s’est dit aussi très « préoccupé par le manque de transparence concernant la situation à la frontière avec la Biélorussie, où les représentants politiques, les journalistes et les ONG ne peuvent accéder ».
« Nous appelons par ailleurs le Conseil à ne pas se contenter d’organiser des auditions sur la procédure de l’article 7 et à prendre des mesures appropriées », a également commenté Gabriele Bischoff.
La délégation, composée de six autres eurodéputés, a également souhaité rencontrer des membres du parti PiS au pouvoir, mais cela n'a pas « été possible », ce qui n'est « pas un bon signal », a encore dit Othmar Karas. (Solenn Paulic)