La Commission européenne élargit son analyse sur les dépendances stratégiques aux terres rares, au magnésium et dans le domaine de la chimie, mais aussi dans le secteur des panneaux photovoltaïques et de la cybersécurité, à l’occasion de la publication de son deuxième rapport d’analyse des dépendances stratégiques, mercredi 23 février. Des progrès significatifs ont toutefois été réalisés dans les 6 domaines identifiés dans le premier rapport.
Ainsi, concernant les terres rares, le magnésium ou les panneaux photovoltaïques, le rapport fait état d’une concentration de la production mondiale en Chine, avec peu de marge de manœuvre pour ce qui est la diversification aussi sur le territoire de l’Union européenne.
Par exemple, dans le domaine du magnésium, la Chine contrôle 89% de la production mondiale. Or, en 2021, les tensions géopolitiques dans le Pacifique ont entraîné des pénuries de charbon en Chine, créant une crise énergétique, forçant le régime chinois à fermer temporairement 25 usines de magnésium pour réduire la consommation de l’énergie, lit-on dans le rapport.
Ceci a créé une perturbation majeure de la chaîne d’approvisionnement mondiale et, in fine, une hausse substantielle des prix du magnésium au niveau mondial avec une augmentation de plus de 400% en septembre-octobre 2021, provoquant une crise au sein de l’industrie européenne.
L’Union européenne souffre aussi de nombreuses dépendances dans le secteur de la chimie. Le rapport se concentre sur 61 produits identifiés en lien avec la stratégie industrielle. Là encore, la Chine concentre une grande partie des éléments chimiques, aux côtés des États-Unis, de la Suisse, de l’Inde et du Royaume-Uni.
Des dépendances stratégiques existent également dans les domaines des services et des technologies. Certains examens approfondis (cybersécurité, logiciels informatiques) mettent en évidence les risques de dépendance de l’UE pour l’accès aux technologies critiques dans ces domaines, notamment vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
Toutefois, tout n’est pas noir. Le rapport dresse un constat positif des avancées réalisées depuis la publication du premier rapport dans la foulée de la mise à jour de la stratégie industrielle en 2021 et des six domaines identifiés couverts (matières premières, principes pharmaceutiques actifs, batteries li-ion, hydrogène propre, semi-conducteurs et services en cloud) (EUROPE 12713/6).
Des partenariats internationaux (notamment avec le Canada, l’Ukraine ou la Serbie – EUROPE 12745/18) ont été amorcés pour diversifier et renforcer les chaînes d’approvisionnement de l’UE. Des alliances (voir autre nouvelle avec l’Alliance de la batterie) ont été lancées ainsi que des projets d’importance d’intérêt européen commun, comme pour les semi-conducteurs (EUROPE 12886/1).
Pour consulter le rapport dans son intégralité : https://aeur.eu/f/gx (Pascal Hansens)