Les émissions mondiales de méthane (CH4) issues du secteur de l’énergie sont environ 70% plus élevées que la quantité officiellement déclarée par les gouvernements, montre un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mercredi 23 février et couvrant pour la première fois l’industrie charbonnière.
Selon l’AIE, ce chiffre illustre la nécessité d’améliorer la détection, la vérification et la déclaration des émissions de méthane, deuxième gaz à effet de serre contribuant le plus au dérèglement climatique après le CO2.
« Il reste encore beaucoup à faire pour permettre une meilleure compréhension des sources d’émissions et pour permettre une gestion globale du méthane », indique ainsi le rapport.
Concernant l’évolution de ces émissions, l’AIE estime qu’elles se sont élevées à environ 135 millions de tonnes en 2021. Cela représente une augmentation annuelle de près de 5% qui s’explique en grande partie par la hausse de la demande et de la production de combustibles fossiles liée à la reprise économique.
L’organisation insiste donc sur la nécessité de renforcer les actions pour réduire les émissions de méthane dans le secteur de l'énergie, en prenant notamment l’exemple de la Norvège.
D’après elle, si tous les pays producteurs de pétrole et de gaz égalaient l’intensité des émissions de méthane de la Norvège (émissions par unité de production), les émissions mondiales provenant des opérations pétrolières et gazières diminueraient de plus de 90%.
« L’incertitude quant aux niveaux d’émission de méthane n’est pas une raison pour retarder l’action. Des réductions importantes peuvent être réalisées grâce à des technologies connues et à des politiques éprouvées », a en outre souligné Tim Gould, économiste en chef de l’AIE pour l’énergie.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/gf (Damien Genicot)