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Bulletin Quotidien Europe N° 12888
ÉCONOMIE - FINANCES / Économie

La Commission européenne s'attend à un rebond de l'économie courant 2022 après un ralentissement de la croissance cet hiver

La Commission européenne s'attend à un rebond de la croissance économique en 2022, avec une croissance du PIB de 4,0% tant dans la zone euro que dans l'Union européenne, après le ralentissement observé cet hiver en raison de l'impact du variant Omicron du virus responsable de la pandémie de Covid-19 et de l'incertitude persistante générée par les prix énergétiques et les tensions géopolitiques.

« Les vents contraires se sont intensifiés au quatrième trimestre 2021 » et ont affaibli l'élan de la croissance à court terme, a constaté le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, jeudi 10 février. Néanmoins, a-t-il ajouté, « les fondamentaux restent solides » et font présager « un rebond » cette année, qui se prolongera en 2023.

Après une hausse de 5,3% en 2021 dans la zone euro et dans l'UE, la croissance du PIB devrait atteindre 4,0% dans les deux régions en 2022, puis 2,7% dans la zone euro et 2,8% dans l'UE en 2023, soit une révision à la baisse pour cette année, mais à la hausse pour l'année prochaine par rapport aux prévisions économiques d'automne de la Commission (EUROPE 12831/17). La production de richesses sera tirée principalement par la consommation privée, a estimé le commissaire.

Les prévisions de croissance pour 2022 diffèrent selon les États membres. La hausse du PIB devrait être la plus élevée à Malte (6,0%), en Espagne (5,6%), en Irlande et au Portugal (5,5%). Elle est estimée à 4,1% en Italie et à 3,6% en Allemagne et en France. La croissance la plus faible devrait être observée en Belgique (2,7%) ainsi qu'en Finlande et aux Pays-Bas (3,0%).

Les prévisions d'inflation significativement revues à la hausse

En comparaison avec novembre dernier, la Commission a revu significativement à la hausse ses prévisions d'inflation qu'elle anticipait précédemment à hauteur de 2,2% pour 2022 et de 1,4% pour 2023 dans la zone euro.

 L'inflation a augmenté ces derniers mois en raison de la hausse des prix énergétiques et d'une offre inférieure à la demande. Et Les pressions inflationnistes atteignent désormais d'autres secteurs tels que « l'agroalimentaire et les engrais », a noté M. Gentiloni.

Après avoir atteint un taux record de 4,6% au quatrième trimestre 2021, l'inflation dans la zone euro devrait atteindre un pic de 4,8% au premier trimestre 2022, rester au-dessus de 3% jusqu'au troisième trimestre, puis baisser à 2,1% au quatrième trimestre, avant de passer sous la barre de 2% en 2023.

Globalement, l'inflation devrait atteindre 3,5% dans la zone euro et 3,9% dans l'UE en 2022, avant de retomber à 1,7% dans la zone euro et à 1,9% dans l'UE en 2023.

Les disparités sont fortes au sein de la zone euro, le taux le plus faible pour cette année étant attendu à Malte (2,1%) et le plus élevé en Lituanie (6,7%). D'après le commissaire, l'un des facteurs expliquant ces disparités est le mix énergétique des États, certains étant plus dépendants du gaz que d'autres. 

La hausse des prix pourrait s'avérer encore plus élevée si les prix à la production sont répercutés sur les prix à la consommation dans une plus large mesure qu'attendu et si, selon l'institution de l'UE, cette situation augmente « le risque d'effets de second tour », à savoir une augmentation des salaires qui générerait elle-même un surcroît d'inflation.

« L'inflation affecte le revenu des ménages et il est possible que des demandes d'augmentation des salaires et des salaires minimaux se matérialisent dans un futur proche, mais nous n'en avons pas la preuve à ce stade », a indiqué M. Gentiloni, interrogé sur de possibles hausses du salaire minimum en Grèce et en Espagne. Selon lui, les régimes d'indexation automatique des salaires en fonction de l'inflation, à l'image de celui d'application en Belgique, sont moins généralisés dans l'UE qu'ils ne l'étaient auparavant. 

Questionné par EUROPE, le commissaire s'est refusé à tout commentaire relatif à une possible hausse des taux directeurs de la BCE en 2022, renvoyant aux récentes déclarations de la présidente de l'institut monétaire de Francfort, Christine Lagarde. Celle-ci n'écarte plus une hausse graduelle des taux cette année face à une inflation qui a encore surpris la BCE par sa vigueur (EUROPE 12885/13 et 12883/17).

Voir les prévisions économiques d'hiver : https://aeur.eu/f/ac (Mathieu Bion)

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