La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a exposé et justifié, lundi 7 février, devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (EUROPE 12883/17), les récentes décisions de politique monétaire qu'a récemment prises l'institut de Francfort, à savoir un statu quo monétaire tant que l'opération 'PEPP' est en place alors que l'inflation a encore surpris par sa vigueur en janvier.
À Markus Ferber (PPE, allemand) et Michiel Hoogeveen (CRE, néerlandais), qui se demandaient quand la BCE allait enfin réagir à la flambée de l'inflation, Mme Lagarde a répondu que le Conseil des gouverneurs avait pris note de la nouvelle situation en estimant que les risques à la hausse étaient désormais dominants, surtout à court terme, en raison des prix énergétiques très élevés et d'une offre inférieure à la demande.
Néanmoins, « la probabilité que l'inflation se stabilise à notre niveau cible (de 2%, NDLR) à moyen terme a augmenté », même si cette cible ne devrait pas être atteinte en 2022, a-t-elle poursuivi, convaincue que cet ancrage préfigure « une normalisation » graduelle de la politique monétaire. D'après Mme Lagarde, il n'y a en effet aucun signe que l'inflation demeurera de façon significative au-dessus de notre cible à moyen terme, une situation qui requerrait « un resserrement monétaire conséquent ».
Quoi qu'il arrive, la présidente de la BCE a prédit la séquence suivante : d'abord mettre un terme en mars à l'opération 'PEPP' de rachat massif de titres surtout publics, ensuite envisager quelle action monétaire pourrait être requise en fonction des données qui seront disponibles lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs, jeudi 10 mars. (Mathieu Bion)