L’objectif est de créer un cadre européen permettant d’émettre des crédits carbone valorisables économiquement, a indiqué le ministre français Julien Denormandie lundi 7 février, en marge de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture consacrée au stockage de carbone dans les sols (EUROPE 12884/7).
M. Denormandie a expliqué, lors d’une visite à Colmar (Haut-Rhin), que les ministres de l’Agriculture de l'UE allaient discuter « des pratiques reconnues pour capter du carbone qui peuvent être transformées en crédits carbone valorisables économiquement ».
Il faut déterminer des méthodologies de calcul du carbone et valider ces méthodologies (en France, six méthodologies sont reconnues), a fait valoir Julien Denormandie. La Commission européenne fera une proposition sur la certification des crédits carbone d’ici fin 2022.
En France, l’initiative France Carbone Agri a permis de réduire de 15 à 20% les émissions de gaz à effet de serre sur l’exploitation. Sur une période de 5 ans, cela représente entre 350 et 500 tonnes d'équivalent CO2 évitées sur les exploitations, a expliqué un expert français.
L’autre question importante à résoudre est celle du prix. « C’est un gros défi et nous allons avoir besoin du soutien de la Commission » sur le crédit carbone agricole européen, a dit le ministre français. « En France, le prix est entre 35 et 38 euros par tonne équivalent CO2, alors qu’il se situe entre 5 et 8 euros en Amérique du Sud, car ce n’est pas le même référentiel », a dit M. Denormandie.
Le ministre espagnol, Luis Planas, a estimé que le sujet était « porteur ». L’Espagne, dans son plan stratégique national sur la politique agricole commune (PAC), a prévu des « recettes supplémentaires » en faveur des agriculteurs qui identifient des pratiques de séquestration du carbone.
La France et l’Espagne sont des pays précurseurs en la matière, contrairement à d’autres pays. Les ministres de l’Agriculture débattront mardi à Strasbourg de l’agriculture bas carbone et adopteront des conclusions sur ce thème en mars. (Lionel Changeur)