La Présidence française du Conseil de l’UE organise, du 6 au 8 février à Strasbourg, une réunion informelle des ministres de l’Agriculture consacrée au thème de l’agriculture bas carbone et de la séquestration de carbone dans les sols et les forêts.
Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a fait du sujet de l’agriculture bas carbone l’une de ses principales priorités en tant que président en exercice du Conseil durant ce semestre (EUROPE 12881/4).
Les ministres de l’Agriculture de l’UE pourraient adopter des conclusions sur ce thème lors de leur réunion en mars. La Commission européenne doit présenter, en fin d’année, une proposition législative sur la certification des absorptions de carbone agricole.
Dans un document (https://aeur.eu/f/3y ) discuté le 31 janvier au sein du comité spécial agriculture (CSA), la Présidence française du Conseil suggère d’élargir le champ des pratiques pouvant être certifiées à celles qui permettent de réduire l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (y compris le méthane, par exemple).
Toutefois, lors d’une table ronde sur les cycles de carbone durables organisée le 31 janvier par la Commission, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a rappelé que la certification du carbone séquestré est confrontée à un certain nombre de problèmes techniques difficiles, citant la question de la pérennité de la séquestration du carbone par l’agriculture et le besoin d’identifier les « impacts potentiels » sur la biodiversité. « Nous devons vérifier la crédibilité de toutes les options disponibles, ce n’est qu’alors que nous pourrons commencer à réfléchir à un modèle de financement pour les agriculteurs via les écorégimes de la politique agricole commune (PAC), par exemple », a prévenu Christian Holzleitner, chef d’unité à la direction générale du Climat de la Commission.
La France, dans un document (https://aeur.eu/f/3z ) préparé en vue de l’informelle, suggère une liste de pratiques agricoles et forestières : - la gestion du bétail et des effluents associés ; - la gestion des cultures (optimisation de la fertilisation azotée, introduction de légumineuses dans les rotations, sélection variétale…) qui permet de réduire les émissions de protoxyde d’azote ; - l’implantation de haies, l’agroforesterie, la préservation des prairies permanentes et des zones humides ; - le boisement des terres ; - le développement de la méthanisation, des énergies renouvelables et des biocarburants ainsi que l’utilisation de biomatériaux.
Des visites. M. Denormandie accueillera ses homologues de l’UE lors d’un dîner, dimanche 6 février. La journée du 7 février sera consacrée à des visites de terrain. Les ministres se rendront d’abord à l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (IRAE) de Colmar pour discuter des cépages résistants aux mildious. Ils auront ensuite une présentation du label bas carbone français. Dans l’après-midi, les ministres visiteront une exploitation agricole engagée dans ce label. Dans la soirée se tiendra un dîner officiel au pavillon 'Joséphine'. Le lendemain, les ministres débattront du rôle de l’agriculture et de la forêt dans les objectifs climatiques de l’UE.
Consultation publique en vue. La Commission va lancer prochainement une consultation publique sur la certification des crédits de carbone agricole. Elle sera ouverte la semaine du 7 février, a annoncé Christian Holzleitner. Cette consultation publique constituera une nouvelle étape en vue de la proposition législative de certification européenne sur la séquestration du carbone, attendue au quatrième trimestre 2022. (Lionel Changeur)