Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, se rendront à Washington, les 7 et 8 février, afin de coprésider la 9e réunion du Conseil de l’énergie UE/États-Unis aux côtés du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, et de la secrétaire à l’Énergie, Jennifer Granholm. Parmi les sujets abordés, ils discuteront de la situation en Ukraine ainsi que de la manière d’assurer l’approvisionnement en gaz de l’Europe et de faire face à la volatilité des prix.
À l’issue de leurs discussions, une déclaration commune sera publiée afin d’exprimer la volonté des deux parties de renforcer leur coopération en matière énergétique.
Selon une version provisoire du texte obtenue par EUROPE, un chapitre entier de la déclaration sera consacré au renforcement de la sécurité énergétique dans l’UE et son voisinage, notamment en Ukraine et dans les Balkans occidentaux.
L’un des paragraphes indique notamment que « l’UE et les États-Unis ont affirmé leur engagement à coopérer de manière proactive pour faire face à tout risque potentiel lié à l’approvisionnement énergétique dans l’UE et son voisinage ».
Ils ont ainsi l’intention « de collaborer pour que le gaz naturel liquéfié mondial assure un approvisionnement supplémentaire en cas de perturbation des gazoducs à court terme ».
Alors qu’ils craignent une agression de la Russie envers l’Ukraine, les deux parties comptent exprimer leur « soutien ferme à une Ukraine forte et résiliente », qui « reste un partenaire essentiel de l’UE et des États-Unis » tout en assurant continuer à « soutenir la recherche de nouvelles capacités de transit du gaz de l’UE vers l’Ukraine ».
Ils réaffirmeront également qu’il « est inacceptable d’utiliser l’approvisionnement énergétique comme une arme ».
« Le Conseil s’est engagé à déployer de nouveaux efforts pour investir dans la transition énergétique en Ukraine et la soutenir », souligne en outre la déclaration.
Accélérer la transition énergétique
Outre le thème de la sécurité énergétique, la question de la transition énergétique sera également au cœur des débats.
La déclaration provisoire souligne ainsi l’engagement des deux parties à accélérer la transition tout en assurant qu’elle soit juste, afin d’atteindre la neutralité climatique.
Le texte fait notamment référence au développement de l’hydrogène et à la lutte contre les émissions de méthane, deux sujets qui feront l’objet de discussions ciblées.
Enfin, il est à noter que de nombreux passages de la déclaration apparaissent entre crochets, signe qu’ils n’ont pas encore fait l’objet d’un accord entre les deux parties.
C’est notamment le cas d’une référence à la nécessité d’éliminer progressivement les subventions aux énergies fossiles pour laquelle Washington souhaite ajouter le mot « inefficaces » après « subventions ».
Voir le projet de déclaration commune et l’agenda provisoire : https://aeur.eu/f/75 (Damien Genicot)