Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, ont exprimé la détermination de l’UE et des États-Unis à renforcer leur coopération en matière d’énergie dans un contexte de tensions géopolitiques avec la Russie, lundi 7 février à Washington, à l’occasion de la 9e réunion du Conseil de l’énergie UE/États-Unis.
L’objectif : garantir l’approvisionnement en énergie de l’UE, mais aussi celle de l’Ukraine et des Balkans occidentaux, tout en accélérant la transition énergétique.
« Nous travaillons ensemble pour protéger l'approvisionnement énergétique de l'Europe contre les chocs d'approvisionnement, y compris ceux qui peuvent résulter de nouvelles agressions russes contre l'Ukraine », a ainsi déclaré M. Blinken.
Et M. Borrell d'ajouter : « Aujourd’hui, nous avons envoyé un message fort de notre détermination commune à renforcer la sécurité énergétique en Europe et dans notre voisinage direct ».
Selon ce dernier, la « priorité immédiate » est de diversifier les sources d’énergie de l'Union, en particulier les flux de gaz.
Alors que les prix de l’énergie en Europe ont fortement augmenté ces derniers mois en raison de la hausse mondiale des prix du gaz due à la relance économique, l’Union reproche au géant gazier russe Gazprom d’alimenter la nervosité sur les marchés de l’énergie en refusant de lui fournir des approvisionnements supplémentaires pour remplir ses installations de stockage de gaz.
« La Russie, vous le savez, n’hésite pas à utiliser l’approvisionnement énergétique de l’Europe comme une arme géopolitique », a souligné à ce propos le Haut Représentant.
Dans une note publiée sur son blog la veille de la réunion, M. Borrell a en outre appelé à « envisager d’urgence le développement des réserves stratégiques de gaz de l’UE et la possibilité d’acheter du gaz en commun », comme l’a suggéré la Commission européenne dans sa récente proposition de révision du paquet législatif sur le gaz (EUROPE 12854/11).
Diversifier les sources d’approvisionnement
Également présente à Washington, la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, a elle aussi insisté sur la nécessité de renforcer la coopération avec Washington afin de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de l’UE et d’accélérer la transition énergétique.
Selon elle, cela permettra à la fois de lutter contre le changement climatique, mais aussi de sortir l’UE de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie qui fournit actuellement un peu plus de 40% du gaz fossile de l’UE.
« Nous sommes tout à fait conscients que notre marché du gaz est encore trop dépendant d’un seul fournisseur et que nous devons continuer à donner la priorité à la diversification : non seulement pour l’Europe, mais aussi pour l’Ukraine et nos partenaires dans le voisinage », a-t-elle ainsi reconnu en aval des discussions.
Elle a ensuite estimé qu’il était naturel pour l’UE de se tourner vers les États-Unis, son principal fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL).
Et d’ajouter : « Je suis convaincue qu’aujourd’hui, nous pouvons (…) identifier les moyens de maintenir des exportations américaines de GNL fortes vers l’Europe dans les mois à venir ».
Voir la déclaration conjointe : https://aeur.eu/f/7t (Damien Genicot)