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Bulletin Quotidien Europe N° 12885
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SÉCURITÉ - DÉFENSE / DÉfense

L’Europe doit continuer de jouer tout son rôle dans la lutte contre le terrorisme, plaide Florence Parly

La ministre française des Armées, Florence Parly, a estimé, lundi 7 février, que l’UE devait poursuivre la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, même si la situation au Mali est compliquée.

« Au Sahel, malgré les difficultés importantes auxquelles on fait face, l’Europe doit continuer de jouer tout son rôle face au terrorisme », a-t-elle affirmé devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. La ministre a expliqué que, bien qu’il y eut des résultats significatifs dans la lutte contre le terrorisme, la menace s’adaptait et essayait de se diffuser plus largement pour atteindre les États côtiers du Golfe de Guinée.

« Il n’est pas question d’abandonner la lutte contre le terrorisme dans la région », a-t-elle prévenu, expliquant que la question était de savoir comment poursuivre ce combat ainsi que les conditions à réunir pour le poursuivre. « On cherche à identifier les voies et moyens qui permettent aux Européens de poursuivre cet engagement », a expliqué la ministre, précisant que le sujet faisait l’objet d’une intense concertation entre Européens ainsi qu'avec les Africains et la communauté internationale. Selon elle, « il faut trouver une approche pragmatique qui permette de surmonter l’obstacle placé sur notre chemin par la junte (malienne, NdlR) pour poursuivre le combat au Sahel » (EUROPE 12883/20).

Face à une accusation d’ingérence française au Mali, Mme Parly a rappelé que son pays y était à l’invitation de l’État malien, sous-entendant que, si le Mali ne voulait plus de la France, celle-ci se retirerait. « Si cet État souverain devait dire à la communauté internationale qu’il ne souhaite plus sur son territoire la présence de certains éléments, vous saurez ce qu’il se passerait et vous l’avez vu » avec le départ des troupes danoises, a-t-elle rappelé (EUROPE 12880/1).

Plus largement, Mme Parly a souhaité que l’UE travaille à un meilleur soutien des partenaires africains et à mieux « soutenir le principe de solutions africaines aux problèmes africains ». « Nous avons beaucoup d’outils, à commencer par ceux de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC), que l'on doit faire évoluer, ou la Facilité européenne pour la Paix. On doit voir comment mieux mobiliser nos différents outils, allant d'une coopération de long terme à un accompagnement sur le terrain », a-t-elle ajouté, estimant que ces questions seront un des enjeux du sommet UE/Union africaine de la semaine prochaine à Bruxelles (voir autre nouvelle).

Mme Parly met en garde contre la taxonomie

Par ailleurs, la ministre française a mis en garde contre la taxonomie concernant le domaine de la défense. « L’industrie de la défense est indispensable pour assurer la crédibilité de l’UE. On ne peut pas d’un côté construire des outils positifs pour l’aider à se développer et de l’autre, en notre sein, développer d’autres législations et outils qui vont affaiblir cette industrie de défense », a-t-elle expliqué, citant la taxonomie, l’écolabel ou encore les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Selon Mme Parly, ces instruments pourraient avoir comme conséquence, « si on n’y prend pas garde », de priver les industries de défense de la possibilité d’accéder au financement bancaire ou sur les marchés alors même que l’UE développe des outils de financement. « On n’imagine pas compenser au niveau européen, par de l’argent public, ce qui ne viendra pas par de l’argent privé dans des proportions qui n’ont rien à voir les unes avec les autres », a-t-elle expliqué.

La ministre a promis que la Présidence française du Conseil de l’UE s’emploierait à éviter que des contradictions soient développées au sein de l’UE avec des « conséquences gravissimes pour la crédibilité de notre outil de défense ». (Camille-Cerise Gessant)

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