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Bulletin Quotidien Europe N° 12850
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INSTITUTIONNEL / Allemagne

Olaf Scholz à la tête d’un gouvernement de coalition pro-européen

Paris et Bruxelles : les premières visites officielles, ce vendredi 10 décembre, du nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz, confirment le message. Son gouvernement de coalition alliant les sociaux-démocrates du SPD, les Verts et les libéraux du FDP sera résolument pro-européen, en s’appuyant sur le partenariat franco-allemand.

Cette rencontre à Paris avec le président français, Emmanuel Macron, deux jours après son élection officielle, s’inscrit dans la continuité des chanceliers allemands. Le contrat de gouvernement qui lie désormais les trois partis de la coalition dite 'tricolore' marque néanmoins des micro-ruptures sur les grands dossiers européens, notamment en matière de respect de l’État de droit ou d’achèvement de l’union bancaire.

Plus de fédéralisme

Pour commencer, la coalition a une vision résolument fédéraliste de l’Union européenne qui sortira de la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Elle voudrait notamment donner au Parlement européen un droit d’initiative, idée défendue également par Emmanuel Macron récemment. Reprenant un principe cher aux Verts, elle soutient également l’introduction de listes transnationales aux élections européennes et un système obligatoire de candidats têtes de liste ('Spitzenkandidaten').

Ces ambitions ne font « pas toujours consensus en Allemagne », note toutefois l’économiste Gabriel Felbermayr dans une tribune, notamment lorsqu’il s’agit de renforcer les pouvoirs du Parlement en matière budgétaire.

Moins d’abstention allemande

La coalition tente de balayer devant sa porte avant de convaincre la France de passer à un vote à la majorité qualifiée sur les questions de politique étrangère, comme elle l’envisage. L’arrivée d’une coalition à trois aurait pu en effet renforcer le « vote allemand », cette abstention de Berlin liée aux désaccords internes entre le SPD et la CDU/CSU au sein du précédent gouvernement.

La coalition promet donc dans son contrat de se « positionner clairement et à temps par rapport aux projets de la Commission européenne, grâce à une coordination plus stricte. » Ce travail en amont sera notamment nécessaire pour réconcilier les positions du ministre libéral des Finances, Christian Lindner, ardent défenseur de l’orthodoxie budgétaire, et du ministre de l’Économie, Robert Habeck, favorable à une politique d’investissement dynamique.

Le Pacte de stabilité et de croissance a « prouvé sa flexibilité »

Ces contradictions ont été affrontées dans le contrat qui s’en tient au Pacte de stabilité et de croissance actuel, puisque, selon la coalition, celui-ci a « prouvé sa flexibilité » et il est possible sur cette base de garantir « la croissance, maintenir la viabilité de la dette et veiller à des investissements durables et respectueux du climat ».

« Les libéraux s’opposaient clairement à une union de transfert », résume Sven Giegold, qui vient de quitter le Parlement européen pour devenir secrétaire d’État auprès de Robert Habeck. Toutefois, précise celui qui était l’un des principaux négociateurs de la coalition sur les questions financières, les Verts « ne veulent pas non plus signer un chèque en blanc. Ce que nous souhaitons, c’est promouvoir l’investissement dans le cadre actuel ».

Dans ce contexte, le texte souligne que le Plan de relance européen Next Generation EU est « un instrument limité dans le temps et dans son montant », tout en laissant la porte ouverte à une « évolution » des règles budgétaires.

Un petit pas vers les projets de réforme prônés à Paris, Rome et Madrid.

Un pas vers le parachèvement de l’Union bancaire

Par ailleurs, le nouveau gouvernement compte défendre la création d’une réassurance européenne pour les systèmes nationaux de garantie des dépôts, un grand pas vers le parachèvement de l’Union bancaire en zone euro.

Depuis dix ans l’Allemagne freine, soucieuse notamment de protéger ses caisses d’épargne et banques coopératives qui financent le réseau local des PME allemandes. Les conditions posées par Berlin sont toutefois minutieuses et il n’est pas certain que Paris ait le temps de dénouer l’écheveau sous Présidence française du Conseil de l'UE au premier semestre 2022, à l'approche des élections françaises.

Entre continuité et fermeté sur les droits de l’homme

Olaf Scholz l’a annoncé lui-même : « La politique étrangère allemande est une politique de continuité ».

Sa nouvelle ministre des Affaires étrangères, la coprésidente des Verts, Annalena Baerbock, a fait savoir par le passé qu’elle souhaitait une attitude plus musclée à l’égard de Pékin. Pour autant, le nouveau gouvernement ne s’est pas engagé à suivre le boycott américain des Jeux olympiques d'hiver pour protester contre la situation des minorités ouïghoures. Les Verts prônent également plus de fermeté à l’égard de Moscou et jugent « inacceptables » toutes nouvelles menaces de la Russie en Ukraine.

Au sein même de l’Union européenne, le nouveau gouvernement allemand compte encourager la Commission européenne à « utiliser et faire appliquer les instruments existants de l'État de droit de manière plus cohérente et en temps utile ».

Sans évoquer explicitement la Pologne ou la Hongrie, le contrat de coalition précise que l’Allemagne souhaite qu'« à l'avenir, les droits découlant de la Charte des droits fondamentaux de l'UE puissent être invoqués devant la Cour de Justice de l'UE même lorsqu'un État membre agit dans le champ d'application de son droit national ».

Après Paris, le chancelier Scholz se rendra à Bruxelles, où il rencontrera les représentants des institutions de l'UE. (Nathalie Steiwer)

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