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Bulletin Quotidien Europe N° 12822
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Ursula von der Leyen lance un ultime appel à plus d’ambition avant le sommet du G20 et le début de la COP26

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a lancé un ultime appel aux vingt pays les plus riches du monde avant le sommet du G20 à Rome, jeudi 28 octobre, les exhortant à faire preuve de « leadership » en matière de climat, trois jours avant le lancement de la 26e session de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26).

« Nous avons besoin de leadership pour prendre des engagements crédibles en matière de décarbonation, afin d’atteindre l’objectif de zéro émission nette au milieu du siècle, mais nous avons également besoin d’engagements suffisants pour réduire réellement les émissions au cours de cette décennie », a ainsi déclaré Mme von der Leyen, tout en rappelant la responsabilité particulière des pays du G20 (ils représentent 80% des émissions mondiales).

À ses yeux, les engagements qui seront pris ce weekend à l’issue du sommet du G20 (voir autre nouvelle) seront « un stimulant » pour la COP26, qui se tiendra à Glasgow du 1er au 12 novembre.

Interrogée sur ses attentes vis-à-vis de la COP26 par rapport à l’édition de 2015 ayant conduit à l’adoption de l’Accord de Paris, la présidente de la Commission a insisté sur la nécessité d’actions concrètes durant les huit prochaines années.

« Paris a défini la vision (…) Maintenant, il s’agit (de définir) des étapes et des feuilles de route très concrètes et détaillées au cours de cette décennie afin d’opérer un changement crucial absolument nécessaire », a-t-elle ainsi déclaré.

Les défis de la COP26

Trois défis majeurs attendent les dirigeants mondiaux lors ce rendez-vous onusien.

Le premier concerne le rehaussement de l’ambition mondiale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris, à savoir : maintenir le réchauffement de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C et aussi proche que possible de 1,5°C d’ici la fin du siècle.

Comment ? En soumettant, pays par pays, une mise à jour de leur ‘contribution déterminée au niveau national’ (CDN) représentant les objectifs individuels des pays signataires de l’Accord de Paris en matière de réduction des émissions de GES.

Alors que certaines parties à l’Accord de Paris telles que l’UE ont révisé leur CDN à la hausse, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publié mardi montre que les CDN actuelles pourraient conduire le monde vers un réchauffement de 2,7°C (EUROPE 12821/17).

Lors d’un point de presse en ligne, jeudi 28 octobre, l’eurodéputé Pascal Canfin – qui présidera la délégation du Parlement européen à la COP26 –, a estimé que la COP sera ainsi « un échec » si « on en sort à 2,7°C». Il a également souligné le fait que le rapport du PNUE ne tient pas compte d’une éventuelle mise à jour des contributions de l’Inde et de la Chine – qui, à l'heure où nous écrivions ces lignes, s’apprêterait à dévoiler sa CDN révisée –, deux des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Renforcer le financement climatique

Le deuxième défi porte sur le financement climatique, c’est-à-dire le soutien financier fourni aux pays les moins développés et les plus vulnérables pour les aider à faire face au changement climatique, aussi bien au volet atténuation qu’au volet adaptation.

Alors que les pays développés s’étaient engagés à porter le financement climatique à 100 milliards de dollars par an avant 2020 et jusqu’en 2025, un récent rapport publié par la Présidence britannique de la COP26 – et basé sur l’analyse de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – a montré que cet objectif ne serait atteint (et dépassé) qu’en 2023.

Selon ce rapport, le financement climatique atteignait 79,6 milliards de dollars en 2019 (EUROPE 12793/3). Pour l’année 2020, les données ne sont pas encore complètes. Néanmoins, « il devient évident que les pays développés n’auront pas mobilisé conjointement 100 milliards de dollars US à cette date », indique le document.

Par conséquent, Mme von der Leyen a appelé les pays développés à « faire plus d’efforts » et à envisager « de fournir les 100 milliards de dollars dès l’année prochaine », tout en rappelant son récent engagement à augmenter la contribution de l’UE à hauteur de 4 milliards d’euros supplémentaires jusqu’en 2027 (EUROPE 12791/2).

Et d’ajouter : « C’est une question de crédibilité et de solidarité à l’échelle mondiale ».

Finaliser l’Accord de Paris

Troisièmement, les pays s’efforceront de finaliser les règles de l’Accord de Paris sur lesquelles ils n’étaient pas parvenus à s’accorder lors de la COP25 à Madrid, en 2019.

Il s’agit de conclure un accord de compromis sur les règles relatives aux marchés mondiaux du carbone (article 6 de l’Accord de Paris) ainsi que sur des obligations en matière de transparence et de communication d’informations afin de suivre les progrès accomplis dans le cadre des CDN de chaque partie.

Concernant les marchés internationaux du carbone, l’UE veut en particulier s’assurer que les échanges de crédits carbone entre les pays n’entraîneront pas de double comptage des réductions d’émissions.

Elle souhaite également que la COP26 débouche sur la mise en place de règles complémentaires pour lancer un nouveau mécanisme international de certification des compensations carbone « de manière à promouvoir l’ambition et l’intégrité environnementale ».

Partenariat avec l’Afrique du Sud

La COP26 marquera en outre le lancement de toute une série d’initiatives.

L’UE compte ainsi dévoiler un partenariat avec l’Afrique du Sud visant à aider le pays à sortir du charbon et à développer plus rapidement les énergies renouvelables. L’initiative, qui est toujours en cours de formation, rassemblerait également les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France.

« Je suis convaincue que (…) ce partenariat pourrait devenir un modèle de la façon de soutenir la transition juste dans le monde entier », a estimé Mme von der Leyen.

Lors de leur participation au ‘Sommet des dirigeants’, qui se tiendra les deux premiers jours de la COP26, la présidente de la Commission et le président américain, Joe Biden, lanceront, le 2 novembre, un engagement mondial destiné à réduire collectivement les émissions mondiales de méthane d’au moins 30% par rapport aux niveaux de 2020 d’ici à 2030 (EUROPE 12809/8).

Une soixantaine de pays ont rejoint l’initiative à l’heure actuelle.

En outre, Mme von der Leyen présentera, avec Bill Gates, un programme relatif à l’innovation. Intitulé ‘Breakthrough Energy Catalyst’, cette initiative a pour objectif de démontrer que « l’investissement dans les innovations vertes est payant », a expliqué la présidente de la Commission, mentionnant « l’hydrogène propre », les carburants d’aviation « durables », la capture et le stockage du carbone et le stockage de l’énergie.

Enfin, elle annoncera une contribution financière d’un milliard d’euros en faveur de l’engagement mondial pour les forêts, dont 250 millions d’euros pour le bassin du Congo. (Damien Genicot)

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