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Bulletin Quotidien Europe N° 12791
ÉTAT DE l'UNION / Climat/environnement

Ursula von der Leyen annonce le doublement du financement de l'UE pour la biodiversité mondiale et plus d'argent pour le financement climatique

Sur le front du climat, forte de la législation dont l’UE s’est dotée pour garantir la neutralité climatique du continent à l’horizon 2050, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait peu d’annonces autres que financières lors de son discours sur l’état de l’Union, mercredi 15 septembre, devant le Parlement européen.

Elle a surtout insisté sur la solidarité dont fera preuve l’Union européenne avec les pays en développement sur la scène internationale pour s’attaquer à la crise climatique et environnementale dans le cadre des prochains rendez-vous onusiens.

 En ligne de mire : la COP26 sur le climat, qu’elle a citée (Glasgow, 31 octobre-12 novembre), et la COP15 sur la diversité biologique, passée sous silence, mais qu’elle avait à l’esprit, avec en toile de fond le multilatéralisme qu'elle promeut.

« L'Europe peut faire beaucoup. Et elle soutiendra les autres. Je suis fière d'annoncer aujourd'hui que l'UE va doubler son financement extérieur pour la biodiversité, en particulier pour les pays les plus vulnérables », a déclaré la présidente de la Commission.

Renforcer les efforts internationaux pour le climat

Au volet climat, elle a annoncé une augmentation de la contribution de l’UE en matière de financement climatique à hauteur de 4 milliards d'euros jusqu’en 2027. Ceux-ci viendront s’ajouter aux 25 milliards de dollars annuels actuellement promis par l’Union. 

Alors que les pays développés s’étaient engagés à mobiliser collectivement 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique, les sommes dégagées pour le financement climatique restent bien en deçà de l’objectif.

Mme von der Leyen a donc appelé les partenaires de l’UE, en particulier les États-Unis, à redoubler d’efforts, eux aussi, à l’approche de la COP26.

« S’ils comblaient ensemble le déficit de financement de l’action climatique, les États-Unis et l’Union européenne feraient preuve de leadership sur le climat et enverraient un signal fort au reste du monde », a-t-elle ainsi déclaré, tout en qualifiant la COP26 de « moment de vérité pour le monde entier ».

L'Allemande a en outre plaidé pour que les pays établissent des plans concrets pour atteindre leurs objectifs climatiques avant la tenue de la COP26, en mentionnant les États-Unis, le Japon, mais surtout la Chine.

Saluant l’objectif chinois d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2060 (EUROPE 12566/4), elle a ainsi appelé Pékin « à faire preuve de la même détermination au moment de définir les moyens d’atteindre ses objectifs ».

Et d’ajouter : « Quel soulagement pour le monde, si la Chine se montrait capable d’atteindre le pic de ses émissions d’ici le milieu de la décennie et cessait d’utiliser le charbon, sur son territoire et dans d’autres pays ! »

Des mesures législatives en 2022. La Commission présentera en 2022 une proposition législative relative à la certification des absorptions de carbone et une autre pour la mesure harmonisée des émissions dues aux transports et à la logistique, selon la lettre d’intention.

Les initiatives environnementales feront la part belle à la concrétisation du plan d'action 'Zéro pollution' de l'UE et du deuxième plan d’action pour l’économie circulaire. La Commission annonce en effet une proposition législative relative à la gestion intégrée de l’eau pour réduire la pollution des eaux de surface et souterraines, une proposition législative visant à réduire le rejet de microplastiques dans l’environnement et à restreindre l’adjonction de microplastiques aux produits, et une autre concernant le droit à réparation des produits pour les consommateurs (EUROPE 12654/212645/5).

Réactions au discours La présidente du groupe S&D du Parlement européen, Iratxe García Pérez (espagnole), s’est inquiétée d’une possible « fracture sociale » alors que l’UE avance dans les politiques environnementales. D'où son souhait de renforcer le ‘Fonds social pour le climat’ en lui donnant plus de moyens financiers et des critères clairs pour sa distribution (EUROPE 12762/6).

Le coprésident des Verts/ALE, Philippe Lamberts (belge), quant à lui, a appelé à aller « plus vite, plus haut, plus fort (…) pour sauver le climat » et s’assurer que l’UE ne rate pas « la révolution verte ». Tout en rappelant les récentes propositions de son groupe par rapport au paquet climat ‘Fit for 55’ (EUROPE 12790/5), il a en outre critiqué l’accord relatif à la nouvelle politique agricole commune (PAC – voir autre nouvelle).

Des propos que partage le réseau d’ONG CAN Europe, pour qui l’UE devrait viser une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 65% d’ici 2030, et non pas au moins 55% (objectif fixé par la ‘Loi climat’).

« À la lumière des événements dévastateurs de l’été et des dernières conclusions du GIEC, il est nécessaire de faire preuve de plus d’ambition et de renforcer les mesures et les politiques », a en outre déclaré Wendel Trio, directeur de l’organisation.

Le coprésident du groupe CRE du Parlement, Raffaele Fitto (italien), a souligné la nécessité d’évaluer l'impact de la transition environnementale « sur notre système productif et économique ».

Le vice-président du groupe ID, Jörg Meuthen (allemand), pour sa part, a qualifié le Pacte vert européen d’« attaque sans précédent contre les fondements économiques de notre continent ». Selon lui, l’UE fait preuve d’un « orgueil démesuré » en cherchant à « sauver la planète toute seule ».

Voir le discours sur l'état de l'Union : https://bit.ly/3hBaQeB

Voir la lettre d'intention de la Commission pour 2022 : https://bit.ly/3EmADkf  (Aminata Niang et Damien Genicot)

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