login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12791
ÉTAT DE l'UNION / Industrie

Ursula von der Leyen annonce une initiative législative européenne sur les semi-conducteurs

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, à l’occasion de son discours sur l’état de l’Union, mercredi 15 septembre, le lancement prochain d’une nouvelle initiative législative - un European Chips Act - dans le but de remettre l’Union européenne en tête du marché mondial des semi-conducteurs.

Abordant la question de l’économie numérique et de l’importance qu’elle revêt pour l’avenir de l’Union, la présidente a alors abordé la question cruciale de la production de puces électroniques. « Il n'y a pas de numérique sans puces » a-t-elle lancé, rappelant qu’actuellement toutes les chaînes de production fonctionnent à bas régime en raison d’une pénurie des semi-conducteurs et d’une demande croissante.

Et la présidente de regretter le fait que la « part de l’Europe dans l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à la capacité de fabrication a diminué », soulignant dans la foulée la dépendance de l’UE vis-à-vis de l’Asie. Plus qu'une question de compétitivité, c’est aussi et surtout une « question de souveraineté technologique », a-t-elle poursuivi.

L’objectif serait de créer un écosystème européen complet, non seulement dans la conception, mais aussi dans la production des puces électroniques ou semiconducteurs. « C’est une tâche ardue », a reconnu Mme von der Leyen, qui espère toutefois répéter le succès du programme européen de navigation Galileo. Un projet que beaucoup estimaient infaisable il y a 20 ans et qui équipe à présent près de 2 milliards de smartphones.

La veille, le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, avait brûlé la politesse à la présidente de la Commission en argumentant sur l’initiative européenne devant les micros de CNEWS. L’objectif est de multiplier par deux la capacité de production sur le territoire européen, avait-il expliqué, en indiquant qu’on parle de « milliards » d’unités, en s’associant avec des partenaires économiques.

Via LinkedIn, le commissaire a également détaillé sa vision : les semi-conducteurs deviennent un enjeu de souveraineté industrielle, économique et aussi militaire. L’objectif est de répondre aussi aux prises de position des autres superpuissances, notant que les États-Unis discutent actuellement d’un ‘American Chips Act’ et que Taïwan veut préserver sa suprématie dans ce domaine.

Voir le billet de Thierry Breton : https://bit.ly/3k8SmDQ

Une stratégie en trois axes. La stratégie, qui se fonde sur la récente Alliance européenne pour les semi-conducteurs (EUROPE 12765/11) se décline en trois axes : - élaborer une stratégie européenne de recherche sur les semi-conducteurs ; - créer un plan collectif pour renforcer la capacité de production européenne, notamment en créant des « mega fabs » pour produire à la fois en grand volume et avec une précision de gravure extrêmement élevée (de l’ordre de 2 nanomètres) ; - développer des partenariats internationaux afin de diversifier les chaînes d’approvisionnement et réduire la dépendance européenne.

Un nouveau PIIEC. Mardi, un débat s'est tenu au sein du groupe de travail ‘Compétitivité’ du Conseil de l'UE sur la création d’un projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) intitulé 'Microelectronics 2'. Pour l'heure, peu d'informations ont filtré. Durant les échanges, les délégations ont insisté sur la nécessité d'assurer un accès au PIIEC ouvert pour tous les États membres.

L’initiative devrait être présentée dans le courant de la première moitié de 2022. Pour rappel, fin 2020, 13 États membres avaient cosigné une déclaration pour créer un PIIEC de semi-conducteurs face à la pénurie et la dépendance de l’UE (EUROPE 12617/10).

La nécessité d'accélérer. Contacté par Europe, l'eurodéputé Christophe Grudler (Renew Europe, français) a salué cette annonce. « Une accélération sur l’Alliance européenne des semi-conducteurs me paraît indispensable : à court terme, cela me paraît la meilleure réponse. Nous avons besoin de grandes usines européennes pour avoir des effets d’échelle : c’est la seule solution pour être compétitif », a-t-il considéré.

Voir le discours sur l'État de l'Union : https://bit.ly/3hBaQeB

Voir la lettre d'intention de la Commission pour 2022 : https://bit.ly/3EmADkf  (Pascal Hansens)

Sommaire

ÉTAT DE l'UNION
POLITIQUES SECTORIELLES
CULTURE
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES
CORRIGENDUM