La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé, mercredi 15 septembre, lors de son discours sur l’état de l’Union, l’organisation d’un sommet sur la Défense, en coopération avec la France, pendant la Présidence française du Conseil de l’UE, au premier semestre 2022.
« Il est temps pour l'Europe de passer à la vitesse supérieure », a-t-elle lancé devant les eurodéputés, estimant que l’UE devait être prête à faire davantage avec ses propres moyens.
Pour Mme von der Leyen, l'UE doit assurer la stabilité dans le voisinage et au-delà, faire face à de nouvelles menaces, notamment hybrides et cybernétiques, et, en tant que « garante de la sécurité unique », devrait être présente dans certaines missions où l'OTAN ou l'ONU sont absentes.
« C'est de l'Union européenne de la défense dont nous avons besoin », a dit la présidente. Selon elle, beaucoup plus pourrait être fait s’il y avait la volonté politique pour cela.
Regrettant la fragmentation de l’information et des connaissances, Mme von der Leyen a donc appelé à la création d’un centre commun de l’UE de connaissance de la situation, « afin de réunir tous les différents éléments d'information et pour être mieux préparés, parfaitement informés et capables de prendre des décisions ». L’UE dispose déjà d’un Centre de situation et de renseignement (Intcen).
Mme von der Leyen a en outre plaidé pour une amélioration de l’interopérabilité. « Nous devons continuer à penser à de nouvelles façons d'exploiter toutes les synergies possibles », a-t-elle expliqué, proposant une exonération de TVA pour les achats d'équipements de défense développés et produits en Europe. « Cela permettrait non seulement d'accroître notre interopérabilité, mais aussi de réduire nos dépendances actuelles », a-t-elle justifié.
Et puisque « nous ne pouvons pas parler de défense sans parler de cybersécurité », la présidente a estimé qu’il fallait une politique de cyberdéfense européenne, proposant une législation établissant des normes communes dans le cadre d'une nouvelle loi européenne relative à la cyberrésilience. Selon la lettre d’intention de la présidente, une initiative sur la cyberrésilience devrait être proposée en 2022.
Mme von der Leyen a estimé que les États membres devaient eux aussi faire davantage. « Nous devons décider de la manière dont nous pouvons exploiter toutes les possibilités qui sont déjà prévues par le traité », a-t-elle ajouté. « Le traité nous donne toutes les options possibles, alors, faisons le maintenant, qu’attendons-nous ? », s’est interrogé Manfred Weber (PPE, allemand).
Si l’UE doit être plus autonome, la présidente n’a pas oublié le partenariat avec l'OTAN, expliquant que l’UE et l’Alliance préparaient une nouvelle déclaration conjointe, qui sera présentée avant la fin de l'année (EUROPE 12734/8).
Lors du débat, Hilde Vautmans (Renew Europe, belge) a regretté que Mme von der Leyen n'ait pas mentionné l'armée européenne. « Si on ne franchit pas maintenant le pas en vue d'une armée européenne, quand cela se fera-t-il ? », a-t-elle estimé. À l’opposé, Martin Schirdewan (La Gauche, allemand) s'est demandé : « Ne faudrait-il pas plutôt investir l'argent dans la lutte contre la pauvreté ? »
Voir le discours sur l'état de l'Union : https://bit.ly/3hBaQeB
Voir la lettre d'intention : https://bit.ly/3EmADkf (Camille-Cerise Gessant)