Administrer des doses supplémentaires de vaccins aux personnes entièrement vaccinées dans la population générale « n’est pas urgent ». Mieux vaut continuer à fournir les doses recommandées - une ou deux, selon les vaccins - à toutes les personnes éligibles, a estimé le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), mercredi 1er septembre.
Dans un rapport provisoire, l'institution explique en effet que les premières données disponibles montrent que les vaccins autorisés dans l'UE « offrent actuellement une protection élevée contre les hospitalisations, les maladies graves et les décès » et appelle à « garder à l'esprit l'objectif principal de la stratégie de vaccination » : la prévention des cas graves de Covid-19.
L'ECDC préconise donc l’administration d’une dose supplémentaire aux personnes immunodéprimées, voire aux personnes âgées fragiles, en particulier celles vivant dans des établissements de soins de longue durée.
Davantage de données nécessaires
Le Centre européen précise par ailleurs que des « données plus solides » sont encore nécessaires pour éclairer les futures politiques en la matière.
Les connaissances demeurent pour l’heure lacunaires s’agissant de la protection requise en fonction des groupes de population, du délai entre la série de primovaccination et l’administration d’une dose supplémentaire, de la durée de l’immunité ou encore de l’efficacité à l’égard des variants.
Jeudi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a réagi en assurant qu’elle poursuivait ses évaluations sur le sujet et que le rapport de l’ECDC serait actualisé en fonction des progrès de ces évaluations.
Pendant ce temps, précise-t-elle, « les États membres peuvent envisager des plans préparatoires pour l'administration des rappels et des doses supplémentaires ». Certains, cependant, n'en sont déjà plus au stade de la préparation (EUROPE 12777/10).
Disponibilités des vaccins
L’ECDC prône en outre une communication explicite et une prise en compte des avantages et des risques du recours éventuel à ces doses supplémentaires.
Les avantages, détaille-t-il, peuvent comprendre une protection accrue contre la maladie grave, légère à modérée ou encore la Covid longue. Parmi les risques, il identifie en revanche les éventuels problèmes de sécurité, l’impact sur la confiance à l’égard des vaccins. Il pointe également le risque lié à la disponibilité des vaccins.
Interrogé sur le sujet jeudi, le porte-parole à la Santé de la Commission européenne, Stefan de Keersmaecker, a indiqué que c’était notamment en prévision d’un éventuel besoin de doses de rappel que de nouveaux contrats ont récemment été signés avec les sociétés Pfizer/BioNTech (EUROPE 12723/3) et Moderna (EUROPE 12746/10), garantissant la livraison de près de 2 milliards de doses dans les deux ans à venir.
Sur ce point, l’ECDC rappelle toutefois que de nombreux pays en dehors de l’UE luttent toujours pour recevoir et administrer suffisamment de doses à leur population.
Il invite les États européens à en tenir compte, soulignant que « la pénurie mondiale actuelle » de vaccins pourrait être encore aggravée par l'administration de doses supplémentaire à l'ensemble de leur population.
Pour consulter le rapport de l’ECDC : https://bit.ly/3zGExBN (Agathe Cherki)