La Commission européenne a présenté aux membres de la commission des transports du Parlement européen, jeudi 2 septembre, son programme de travail relatif au Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE 2.0) pour la période 2021-2023 (EUROPE 12757/8).
Celui-ci doit permettre de promouvoir l’interconnexion et la mutlimodalité en vue du développement - réseau transeuropéen de transports (RTE-T) en tête - des infrastructures ferroviaires, routières, maritimes et fluviales.
Plusieurs points ont retenu l’attention des eurodéputés. Un certain nombre d’entre eux ont déploré le fait que le train ne soit pas érigé en priorité principale.
« Ce plan suppose de gros investissements sur le rail. C’est un prérequis pour avoir un réseau complet et cohérent. D’autant plus avec les enjeux climatiques. Financer des routes, des aéroports, ça ne sert pas les objectifs de l’UE. Il faut renforcer la connexion des réseaux de rail dans l'UE », a déclaré Johan Danielsson (S&D, suédois).
La question des investissements a également souvent été posée. Si les données chiffrées existent - trois enveloppes, pour un budget global de 25 milliards d’euros dont 12,8 milliards pour compléter le RTE-T, 11,7 millards pour sa modernisation et 1,7 milliard pour la mobilité militaire -, des zones d’ombre subsistent.
« Il faudrait dire clairement ce que vous incluriez dans les différentes enveloppes. Nous devrions avoir toutes les informations pour savoir comment vous allez organiser les appels à projets », a insisté Marian-Jean Marinescu (PPE, roumain).
« Nous le concédons, nous ne donnons pas tous les détails. Mais c’est parce que cela nous permet de garder une certaine flexibilité », a répondu la Commission.
De la même manière, certains eurodéputés ont, à l’instar de Dominique Riquet (Renew Europe, français), jugé que la pré-affectation et les prévisions de la Commission en matière de bornes de recharge pour les véhicules électriques et de mobilité militaire nécessiteraient « des discussions techniques et politiques ».
Par ailleurs, alors que le MIE 2.0 s’inscrit dans la stratégie globale de la Commission afin d’atteindre les objectifs climatiques et environnementaux qu’elle s’est fixés - elle a présenté devant les membres de cette même commission, mercredi 1er septembre, son paquet 'Fit For 55' (EUROPE 12781/5), certains eurodéputés souhaiteraient se montrer un peu plus ambitieux encore.
« Vous nous dites que 60% de l’enveloppe sera consacrée aux objectifs climatiques. Qu’en est-il des quarante autres ? », s’est notamment interrogée la présidente de la commission ‘Transports’, Karima Delli (Verts/ALE, française). Cette question est restée sans réponse lors du débat. (Thomas Mangin)