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Bulletin Quotidien Europe N° 12781
POLITIQUES SECTORIELLES / Transports

'Fit For 55', les eurodéputés se questionnent sur les infrastructures de recharge

La Commission européenne a présenté, mercredi 1er septembre, son paquet ‘Fit For 55’ aux eurodéputés membres de la commission ‘Transports’ (TRAN) du Parlement européen. Ce paquet, dévoilé le 15 juillet dernier (EUROPE 12762/1), doit permettre de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) de 55% d’ici à 2030.

Si une large majorité des eurodéputés ont salué les propositions de la Commission, un certain nombre de questions - et d’inquiétudes - ont été soulevées par les parlementaires.

Concernant le volet dédié aux infrastructures et bornes de recharge pour les véhicules électriques, certains parlementaires ont appelé la Commission à mieux prendre en considération les différences en termes de géographie et de densité de population au sein des États membres.

« Un rayon de 12 km2 touche des millions de personnes à Bruxelles, tandis que seules quelques centaines sont concernées dans certaines plaines suédoises. Il existe des exigences spécifiques de distance », a souligné Johan Danielsson (S&D, suédois), alors que l’objectif de la Commission est que les bornes de recharge installées ne soient pas espacées de plus de 60 kilomètres d’ici 2030.

Toujours au chapitre des infrastructures, certains parlementaires ont également rappelé leur faible développement actuel, pointant également du doigt leur répartition encore largement inégale. Près de 70% des bornes de recharge de l’UE se concentrent dans trois pays : la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.

90 milliards d'euros d'ici 2050

Les propositions liées au secteur aérien ont elles aussi été l’objet de questions. « Nous parlons d’imposer des quotas de livraison aux compagnies dans les aéroports, mais nous n’avons aucune capacité, pour les 10 années à venir, pour fournir du biokérosène. Il y aura de très cruels ajustements, car les propositions ne reposent pas sur des bases réalistes », a estimé Dominique Riquet (Renew Europe, français).

Par ailleurs, certains parlementaires ont également déploré que le ferroviaire ne fasse pas partie du paquet présenté par la Commission.

« Au regard du dernier rapport du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), la Commission ne va pas assez loin. Pourquoi ne pas avoir abordé le ferroviaire alors que seules 60% des lignes ferroviaires sont électrifiées au sein de l’UE ? », s'est interrogé Ciarán Cuffe (Les Verts/ALE, irlandais).

Outre les différents pans de la mobilité concernés par les propositions de la Commission, la question des coûts est revenue à plusieurs occasions. En matière de coût économique, la Commission table sur un budget global de 90 milliards d’euros d’ici à 2050, dont 10 pour la décennie en cours.

Concernant l’aspect social cependant, les réponses évasives de la Commission n’ont pas semblé rassurer les parlementaires qui l’avaient interrogé sur l’avenir des travailleurs et les potentielles hausses des coûts de l’énergie pour les citoyens les moins aisés.

« Le parlement sera prêt à entrer dans une relation de rapport de force, car le temps nous est compté lorsque l’on parle de dérèglement climatique », a prévenu la présidente de la commission 'Transports', Karima Delli (Les Verts/ALE, française) en guise de conclusion. (Thomas Mangin)

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