Le ministre grec des Finances, Christos Staikouras, a défendu la politique budgétaire et économique du gouvernement Mitsotakis depuis juillet 2019 et en réponse à la pandémie de Covid-19, mercredi 1er septembre, lors d'un dialogue avec la commission des affaires économiques du Parlement européen.
« L'économie grecque a fait preuve d'une résilience remarquable », a assuré M. Staikouras, faisant état de projections de croissance proches de 4,5% du PIB national pour 2021. Pour 2022, il a souhaité que son pays sorte de la phase de surveillance rapprochée mise en place à la fin du 3e plan de sauvetage macroéconomique de la Grèce et que le niveau des prêts bancaires non performants ('non performing loans' ou NPL) redevienne inférieur à 10%. Pour 2023, l'objectif de la Grèce est d'atteindre un niveau « satisfaisant » d'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) et de replacer la notation de la dette publique dans la catégorie 'investissements'.
M. Staikouras a, par ailleurs, assuré que les fonds européens disponibles, soit 70 milliards d'euros sur la période 2021-2027 provenant du budget de l'UE et du Plan de relance européen, seraient utilisés à bon escient. Une entité spécifique a été créée au sein de son ministère pour contrôler les dépenses et le respect des objectifs fixés dans le cadre du plan de relance grec, qui a déjà bénéficié d'un préfinancement de 4 milliards d'euros.
Hélène Laporte (Identité et Démocratie, française) et Michiel Hoogeven (CRE, néerlandais) l'ont questionné sur la dette publique grecque, qui a atteint 205,6% du PIB national fin 2020.
« La dette est soutenable », a déclaré M. Staikouras, citant plusieurs atouts : les très faibles taux d'intérêt actuels, les liquidités élevées dont dispose Athènes, la structure favorable de la dette grecque et le fait que celle-ci soit détenue à 70% par des investisseurs institutionnels.
Eero Heinäluoma (S&D, finlandais), Claude Gruffat (Verts/ALE, français) et Dimitrios Papadimoulis (La Gauche, grec) ont voulu en savoir plus sur les conséquences sociales de la crise sanitaire en Grèce alors que le chômage atteint toujours 16% de la population active.
Le ministre a estimé que la politique du gouvernement avait permis de maintenir l'emploi malgré les pertes d'heures travaillées. « Nous pensons que le chômage va continuer à diminuer » grâce à la reprise économique et aux réformes, a-t-il ajouté. Et de citer l'aide récente accordée aux familles et aux entreprises touchées par les graves incendies cet été. (Mathieu Bion)