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Bulletin Quotidien Europe N° 12782
ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Les ministres européens discutent des futures relations avec les talibans

Les ministres des Affaires étrangères européens devaient discuter, jeudi 2 septembre dans la soirée, des relations futures de l’UE avec les talibans, lors de leur réunion informelle à Kranj (Slovénie).

Selon le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, les ministres devaient se coordonner sur les conditions à imposer aux talibans pour développer ces relations et sur une possible présence de l’UE sur place.

« Nous devons nous engager avec le nouveau gouvernement, mais selon des conditions », a estimé M. Borrell, ajoutant que les relations et la coopération dépendraient de la forme du nouveau gouvernement et de la voie qu’il prendrait.

« S’engager avec le nouveau gouvernement ne signifie pas une reconnaissance », a-t-il aussi prévenu, précisant qu’il fallait distinguer une reconnaissance politique d’une reconnaissance factuelle - c'est à dire de la réalité sur le terrain. Le Haut Représentant a expliqué qu’il fallait discuter avec les talibans concernant l’aide humanitaire, mais aussi de l’évacuation des citoyens européens et des Afghans qui voulaient quitter le pays, mais n’ont pas pu le faire avant le 31 août.

À l'inverse, « l’aide au développement ne recommencera pas avant que nous sachions qui dirige l’Afghanistan et comment », a-t-il prévenu.

La veille, lors d’un débat au Parlement européen (voir autre nouvelle), le directeur général pour l'Asie et le Pacifique du Service européen pour l’action extérieure, Gunnar Wiegand, avait expliqué que l’UE ne se précipiterait pas pour reconnaître les talibans.

« Nous ne nous précipiterons pas pour reconnaître cette nouvelle formation ni pour établir des relations officielles », a-t-il expliqué aux députés européens. Cependant, « il n'y a aucun doute parmi les États membres et dans le contexte du G7 : nous devons nous engager avec les talibans, nous devons communiquer avec eux, nous devons les influencer, nous devons utiliser les leviers dont nous disposons », a-t-il expliqué.

Selon M. Wiegand, les conditions pour l’établissement de relations officielles sont de permettre le libre passage aux Afghans qui souhaitent quitter le pays, s'abstenir d'exercer des représailles contre les personnes affiliées à des puissances étrangères ou à l'ancien gouvernement, empêcher l'Afghanistan de devenir un refuge pour terroristes et former un gouvernement de transition inclusif et représentatif.

Même si la délégation de l’UE en Afghanistan va fonctionner depuis Bruxelles, le représentant du SEAE a estimé qu’il faudra avoir une forme de représentation à Kaboul, quand la situation le permettra, afin d'assurer la poursuite de l’aide humanitaire. « Il faut éviter de laisser seulement les pays partageant moins nos idées (less like-minded countries) d’être les seuls en Afghanistan », a-t-il estimé. (Camille-Cerise Gessant)

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