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Bulletin Quotidien Europe N° 12744
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Biélorussie, Irak et Amérique latine au menu des ministres des pays de l'UE

Les ministres de l'UE des Affaires étrangères se retrouvent, lundi 21 juin, à Luxembourg, pour un nouveau Conseil avec un agenda chargé.

Biélorussie. Le Conseil devrait tout d’abord se pencher sur la Biélorussie, après avoir discuté, avant sa réunion formelle, avec Svetlana Tikhanovskaïa, membre éminente de l’opposition.

Les ministres discuteront ensuite à Vingt-sept de la situation dans le pays, qui continue de se dégrader.

Ils devraient adopter des sanctions ciblées à l’encontre de 78 personnes et sept entités, jugées responsables de la répression à l’encontre de la population, mais aussi du détournement du vol Ryanair Athènes-Vilnius du 23 mai (EUROPE 12742/2).

« C’est un paquet d’ampleur et à la hauteur de la dégradation que l’on connaît s’agissant de la répression, mais aussi du détournement de l’avion de Ryanair », a expliqué une source européenne.

88 personnes et sept entités font déjà l’objet de mesures restrictives. Selon un diplomate européen, le détournement du vol a été un « game changer » pour l'UE.

Les ministres devraient également donner un signal politique concernant des sanctions économiques substantielles. Un accord aurait été trouvé, vendredi 18 juin, sur des sanctions touchant les secteurs de la chimie, des finances et de l’énergie. « Au niveau du groupe de travail, il semble qu’il y a un accord, mais il faut encore passer toute la chaine (d’approbation) et que le travail technique devienne un texte légal d’application », a expliqué un diplomate européen. Sur ce type de mesures, « le travail technique est plus long, car c’est compliqué à mettre en œuvre. On n’en fait pas beaucoup et pas souvent », a ajouté une source européenne.

Les ministres devraient donner leur approbation politique au compromis trouvé au niveau technique entre les Vingt-sept. Ainsi, les procédures juridiques ne devraient pas être terminées à temps pour le Conseil. Mais une adoption formelle pourrait intervenir plus tard dans la semaine. Celle-ci est espérée avant le Conseil européen du 24 juin.

Les ministres devraient aussi rappeler le soutien de l’UE à une Biélorussie démocratique. Ils pourraient aussi revenir sur la hausse des flux migratoires de migrants du Moyen-Orient, notamment de l’Irak, depuis la Biélorussie jusqu’en Lituanie.

Irak. Les ministres discuteront ensuite de la situation en Irak, tout d’abord à vingt-sept, puis avec leur homologue irakien, Fouad Hussein, lors d'un déjeuner de travail. Ils pourraient souligner leurs inquiétudes concernant la situation sécuritaire et économique du pays, notamment les conséquences socioéconomiques de la pandémie de Covid-19.

Les ministres pourraient revenir sur les relations bilatérales entre l’UE et l’Irak, qui sont encadrées par un accord de partenariat et de coopération (EUROPE 12055/8), sur la mission PSDC de conseil de l’UE (EUAM Irak) et sur les sujets d’intérêt communs, tels que la migration et les personnes déplacées en interne. L’importance de faire des réformes et de lutter contre la corruption pourrait aussi être rappelée.

Le Conseil devrait confirmer le soutien européen à l’Irak et voir ce qu’il peut faire de plus, notamment pour soutenir le gouvernement irakien. Il devrait aussi discuter de la possibilité d’envoyer une mission d’observation pour les élections d’octobre prochain. L’UE a envoyé une mission technique dans le pays afin de voir s’il est possible de déployer une telle mission d’observation.

Amérique latine. Six mois après leurs dernières discussions sur la question (EUROPE 12579/28), les ministres auront un nouveau débat sur les relations entre l'UE et l'Amérique latine, où la pandémie de Covid-19 continue de sévir fortement et, de l'avis d'un diplomate européen, a un impact sur les affaires politiques.

Les discussions ministérielles porteront sur la coopération en matière de vaccination, les négociations commerciales avec certains pays ou blocs de pays et la crise politique dans certains pays spécifiques comme le Venezuela et le Nicaragua.

Les tendances au niveau politique sont inquiétantes, a estimé une autre source européenne vendredi. Selon elle, la tenue d'un sommet est « absolument nécessaire » pour donner de la visibilité aux relations entre les deux régions.

Le dernier sommet entre l'UE et Communauté d'États latino-américains et caraïbes (CELAC) a eu lieu à Bruxelles en juin 2015 (EUROPE 11332/11).

Affaires courantes. Sous le point 'affaires courantes', qui sera traité en fin de Conseil, les ministres devraient discuter des relations entre l’UE et la Russie, en amont du Conseil européen lors duquel les dirigeants se pencheront sur le dossier (EUROPE 12725/2), et après la présentation, mercredi 16 juin, d’une communication commune du haut représentant de l’UE et de la Commission européenne (EUROPE 12742/1). Il en sera de même concernant la Turquie et le travail sur l’agenda positif, qui devraient aussi être discutés au Sommet (EUROPE 12686/3). « Les points Turquie et Russie seront abordés de manière transitoire avec le Conseil européen, avec des orientations que les ministres vont donner » aux dirigeants, a expliqué un diplomate européen.

Un point devrait aussi être fait sur la reprise – difficile - du dialogue entre la Serbie et le Kosovo (EUROPE 12741/5).

Le processus de paix au Proche Orient, notamment sur les efforts entrepris par le nouveau représentant spécial de l’UE, Sven Koopmans, pour relancer le Quartet et envers les partis, après sa visite dans la région, devrait aussi être évoqué.

Les discussions sur l’accord concernant le nucléaire iranien à Vienne, qui se poursuivaient encore vendredi 18 juin, jour de l’élection présidentielle iranienne, seront aussi abordées. Si un accord n’est pas encore à portée de main, un haut fonctionnaire a expliqué que les parties avaient beaucoup avancé sur les questions techniques et qu’elles avaient résolu quelques problèmes politiques, mais que les questions les plus difficiles devaient encore être réglées.

Les ministres devraient aussi rapidement discuter de la situation en Éthiopie, où des élections sont prévues le 21 juin, et alors que le sujet sera débattu plus longuement lors du Conseil de juillet, et du Mali, quelques jours après le sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui doit prendre position sur la crise dans le pays, et après les annonces françaises concernant la reconfiguration de son dispositif militaire dans le Sahel. Ce dernier sujet pourrait être abordé au sommet européen.

Après la visite au Liban du Haut Représentant de l’UE, les 19 et 20 juin, le Conseil discutera de la crise politique prolongée dans le pays et il devrait demander la poursuite de la préparation d’incitations positives, mais aussi négatives, de la part de l’UE, pour aider à résoudre la crise. La situation politique stagne, l’économie se dégrade. Il faut voir comment stimuler la classe politique pour qu’elle mette en place un gouvernement et des réformes, a expliqué un diplomate européen.

Le Haut Représentant informera également les ministres de son voyage dans la région indopacifique.

Enfin, les ministres suédois, luxembourgeois et irlandais feront un point sur leurs voyages respectifs au Yémen, en Égypte et dans la région du Golfe.

Par ailleurs, sans débat, le Conseil devrait adopter des conclusions sur le patrimoine culturel et la manière dont on peut le gérer dans la question de la prévention des conflits.

De nouvelles sanctions à l’encontre de la junte militaire birmane pourraient aussi être adoptées lors du Conseil ou dans les jours suivants. Le 4 juin, le Haut Représentant de l’UE avait annoncé que des mesures visant le personnel de la junte militaire ainsi que l'entité qui représente les intérêts économiques des militaires allaient bientôt être adoptées (EUROPE 12733/27). Le 16 juin, devant le Parlement européen, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Birmanie, Tom Andrews, a appelé la communauté internationale à sanctionner les secteurs du gaz et du pétrole, qui assurent un revenu important à la junte (EUROPE 12743/19). (Camille-Cerise Gessant et Mathieu Bion)

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