Christiane Lambert, la présidente du comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (COPA), a estimé, vendredi 18 juin, lors d’une conférence de presse, qu’il ne fallait pas 'aller plus vite que la musique' en matière d’intégration du Pacte vert de l'UE dans la future politique agricole commune (PAC).
Les trois institutions de l’UE vont tenter, la semaine prochaine, de trouver un accord sur les éléments de la nouvelle PAC (voir autre nouvelle).
Mme Lambert a critiqué le fait que, sur le sujet de l’intégration du Pacte vert dans la PAC, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, est trop présent, alors que le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, l’est beaucoup moins.
Selon elle, M. Timmermans ne devrait pas critiquer les ministres de l’Agriculture de l’UE.
« Chaque chose en son temps », a martelé Mme Lambert, pour qui les nouveaux éléments de la PAC sont déjà dans l’orientation du Pacte vert européen. « Il n’y a aucune étude d’impact globale sur le sujet, sauf une émanant des États-Unis », a-t-elle ajouté.
Et la présidente du COPA de critiquer : « La bataille rangée qu’organise M. Timmermans n’est pas sérieuse, elle est même insultante pour les agriculteurs ».
Pas de sanctions vertes. Christiane Lambert a déclaré que les écorégimes, « qui vont représenter de 25 à 30% des soutiens versés aux agriculteurs », ne doivent pas être une « sanction verte » pour les agriculteurs, mais un « accompagnement » en faveur des transitions dans l'agriculture.
Les soutiens directs doivent représenter un socle important pour les agriculteurs, a ajouté la présidente de la FNSEA.
Elle a critiqué ceux qui estiment que l’architecture verte de la future PAC manque d’ambition. « Nous avons des résultats en matière de réduction des produits phytosanitaires et des antibiotiques », a souligné Mme Lambert. Et des progrès sont faits également en matière de biodiversité.
Au sujet des bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE), les dispositifs envisagés ne sont pas réalisables sur le terrain, a alerté Mme Lambert.
« Mettre en place des rotations à la parcelle, changer de culture chaque année, aucun agronome n’a montré que c’était positif à grande échelle », a-t-elle souligné.
Mme Lambert a regretté que cette mesure cible le maïs et les successions culturales de blé sur blé et orge sur orge et l’élevage en zone de montagne. « Plus de 25 ministres de l’Agriculture des pays de l’UE sont d’accord avec nous » sur cette demande qui concerne la BCAE 8.
Il ne faudrait pas supprimer 10% de territoires de production, comme certains le souhaitent dans le cadre de la BCAE 9, a également mis en garde la présidente du COPA.
Conditionnalité sociale. Tous les agriculteurs doivent respecter le droit du travail dans leur propre État membre. Et, au sein des Vingt-sept, des sanctions existent pour ceux qui contreviennent aux règles.
« Nous ne souhaitons pas qu’il y ait une double sanction en appliquant, en plus des sanctions nationales, des sanctions économiques. Il ne faut pas prévoir des sanctions économiques via une conditionnalité sociale dans la PAC », a toutefois fait valoir Christiane Lambert. (Lionel Changeur)