Le représentant spécial de l’UE pour le Dialogue entre la Serbie et le Kosovo, Miroslav Lajčák, a reconnu, mardi 15 juin, que la rencontre, le jour même, entre le président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, n’avait pas été « facile ». Le processus de dialogue se poursuivra avant la fin juillet.
« Les deux dirigeants ont eu un échange très ouvert et franc sur ce qu'ils attendent chacun du dialogue », a expliqué M. Lajčák dans une déclaration, précisant que ces derniers avaient confirmé qu’« il n'y avait pas d'autre solution que de normaliser les relations » entre leurs pays.
MM. Vučić et Kurti ont confirmé leur engagement à travailler sur une normalisation complète des relations à travers le Dialogue, a ajouté le représentant spécial.
Le président serbe a fait un bilan très négatif de la réunion. Selon lui, les deux dirigeants ne se sont mis d’accord sur « absolument rien ». M. Kurti « est venu me demander ‘quand allez-vous reconnaître le Kosovo indépendant?’. Je lui ai dit ‘jamais’, et il a explosé », a expliqué M. Vučić, cité par des médias balkaniques, s’inquiétant du « degré d'irresponsabilité auquel nous devrons faire face à l'avenir ».
De son côté, M. Kurti a déploré le refus de ses propositions par la Serbie. Il s’agissait de la signature d’un accord de paix conjoint, d’une réciprocité bilatérale entre les deux États à la suite d'une reconnaissance mutuelle et du licenciement du chef de la Commission serbe pour les personnes disparues, Veljko Odalovic, en raison de son poste de chef d'état-major de la région du Kosovo, notamment, pendant la guerre.
En amont de la réunion, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait rappelé que le Dialogue n’était pas facile, mais que « ce processus et cet engagement sincère des deux parties » étaient « nécessaires » dans l'intérêt des populations. « Le dialogue et ses résultats sont la voie vers l'avenir européen des deux parties », avait-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)