Le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen – le président américain, Joe Biden, ayant décidé de faire l’impasse sur la conférence de presse – ont souligné, mardi 15 juin, à l’issue du sommet UE/États-Unis à Bruxelles, le partenariat renouvelé avec Washington.
Au delà de l’accord sur la suspension des tarifs dans le cadre du différend Boeing/Airbus (voir autre nouvelle), les dirigeants ont décidé de mettre en place un groupe de travail sur les vaccins et un groupe d’action pour le climat.
Coopération dans la lutte contre la Covid-19
Malgré les tensions au sujet des brevets et des exportations de vaccins (EUROPE 12716/2), les Européens ont insisté sur la coopération transatlantique sur la Covid-19. « Nous sommes convenus que nous devons agir de plus en plus vite pour aider à vacciner le monde. Pour y parvenir, nous avons décidé de créer une task force UE-États-Unis sur les vaccins afin de travailler réellement sur les détails », a expliqué Mme von der Leyen. Selon elle, ce groupe de travail permettra d'identifier et de résoudre les problèmes liés à la production de vaccins ou à la production de produits thérapeutiques.
La présidente de la Commission a précisé que les deux partenaires étaient d’accord sur la nécessité de coopérer bien plus pour construire des capacités de production dans des régions où elles n’existent pas. Elle a mis en avant la question du transfert de savoir-faire technologique dans ces régions, soit la discussion autour de la levée des brevets et celle des chaînes d'approvisionnement ouvertes et sûres.
« Nous devons faire en sorte que les populations aient accès aux vaccins », a souligné M. Michel, expliquant que l’objectif était de vacciner les 2/3 de la population mondiale d’ici la fin de 2022.
L’UE et les États-Unis vont aussi travailler plus étroitement sur la réforme de l’Organisation mondiale de la Santé.
Climat et biodiversité
En ce qui concerne le volet climatique, le sommet n’a débouché sur aucune nouveauté significative, si ce n’est l’engagement à établir un groupe d’action de haut niveau pour le climat entre l’Union et les États-Unis afin de renforcer leur coopération en matière climatique.
« L’objectif principal est vraiment de travailler ensemble sur la dynamique créée par le sommet de la Terre (EUROPE 12704/14) et de travailler sur la diplomatie climatique afin que de nombreux pays nous accompagnent vers la COP26 à Glasgow », a précisé Mme von der Leyen.
Réaffirmant leur engagement à atteindre leurs objectifs climatiques, les deux parties ont également annoncé qu’elles œuvreront à la mise en place d’une alliance transatlantique pour les technologies vertes.
À l’instar de ce qu’ils avaient déjà exprimé dans la dernière déclaration des pays du G7 (EUROPE 12740/13), l’UE et Washington ont en outre souligné la nécessité de sortir du charbon (mais sans fixer de date précise) et ont réaffirmé leur engagement à mobiliser 100 milliards d’euros par an jusqu’en 2025 pour soutenir les pays en développement face à la crise climatique.
Pas de nouveauté non plus en ce qui concerne la biodiversité. Les deux parties ont ainsi rappelé leur engagement à atteindre l’objectif de conserver ou de protéger au moins 30% des terres émergées et 30% des océans de la planète d’ici 2030, en conservant ou en protégeant au moins 30% de leurs propres terres au cours de cette décennie, y compris les eaux terrestres et intérieures ainsi que les zones côtières et marines.
Elles ont également réaffirmé leur intention d’œuvrer à la conclusion d’un accord pour un cadre mondial pour la biodiversité post-2020 ambitieux lors de la 15e conférence des parties à la Convention des Nations unies sur la biodiversité (COP15), à Kunming.
Coopération au niveau international
En termes de politique étrangère, le président du Conseil européen a expliqué que les deux partenaires avaient pour ambition de promouvoir les valeurs fondamentales, la démocratie et la coopération internationale.
Dans leur déclaration commune, les deux parties ont précisé leur intention de s’associer au Sommet pour la démocratie proposé par M. Biden en s’engageant « à mener des actions concrètes pour défendre les droits de l'homme universels, empêcher le recul de la démocratie et lutter contre la corruption ».
Si M. Michel et Mme von der Leyen n’ont mentionné la Chine devant les médias qu’après avoir été interrogés à ce sujet, la communication de la Présidence américaine a fait la part belle à la coopération entre l’UE et les États-Unis concernant les défis posés par celle-ci.
Selon leur déclaration commune, Européens et Américains vont se consulter et coopérer étroitement sur toute une série de questions dans le cadre de leurs approches respectives similaires et multiformes de la Chine, notamment sur leurs préoccupations communes, telles que le Xinjiang ou Hong Kong, la coercition économique, les campagnes de désinformation et les questions de sécurité régionale.
Les deux parties ont aussi annoncé leur objectif d'établir un dialogue de haut niveau sur la Russie, pour coordonner leurs politiques et leurs actions. « Nous sommes unis dans notre approche de principe à l'égard de la Russie et nous sommes prêts à répondre de manière décisive à son comportement négatif et à ses activités nuisibles qui se répètent et auxquels la Russie doit remédier pour éviter une nouvelle détérioration des relations », ont prévenu les partenaires transatlantiques.
Ils ont également annoncé qu’ils envisageaient de lancer un dialogue spécifique sur la sécurité et la défense et de poursuivre une coopération plus étroite dans ce domaine. Ils travailleront aussi conjointement pour relever le niveau d'ambition de l'OTAN-UE afin de renforcer encore ce « partenariat stratégique clé ».
Voir la déclaration commune : https://bit.ly/3cM5oTw (Camille-Cerise Gessant et Damien Genicot)