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Bulletin Quotidien Europe N° 12716
SOMMET DE PORTO / SantÉ

Les dirigeants européens appellent les États-Unis et le Royaume-Uni à exporter des vaccins anti-Covid-19

Tout en se disant prêts à discuter d’une possible levée des brevets sur les vaccins anti-Covid-19, telle que reprise à son compte par le président américain Joe Biden, les dirigeants européens ont rappelé, vendredi 7 mai au soir et samedi 8 mai, que le plus urgent était d’exporter des vaccins vers les pays tiers.

La moitié des doses de vaccins anti-Covid-19 produites dans l'Union européenne sont exportées.

« Nous encourageons tous nos partenaires, y compris les producteurs de vaccins, à suivre cet exemple », a incité le Président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue des sommets social et UE/Inde à Porto. C'est la meilleure façon de faire face au manque de vaccins dans le monde, a ajouté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

« Si on compare les États-Unis, le Royaume-Uni et l'UE, nous sommes ceux qui avons le plus exporté (…) J’appelle les États-Unis à mettre fin à l’interdiction d’exporter des vaccins et des composants », a expliqué M. Macron à la presse, dont EUROPE. Il faut « lever l’interdiction d’export et libérer les doses », a insisté le président français, mettant l’accent sur le transfert des technologies et le don de doses.

Revenant sur le soutien américain à la levée des brevets sur les vaccins, Mme von der Leyen, si elle s’est dite ouverte à la discussion, a rappelé qu’il fallait des vaccins maintenant. « À court et moyen termes (la levée des brevets) n’aidera pas face au manque de vaccins. Donc nous avons besoin d’exportations de vaccins et d’investissement pour augmenter la production », a-t-elle expliqué. 

Mme von der Leyen a par ailleurs annoncé, via Twitter, la conclusion d'un nouveau contrat pour acheter 1,8 milliard de doses de vaccins anti-Covid à BioNTech-Pfizer. Il s’agit d’une commande ferme de 900 millions de doses et d’une option pour 900 millions de doses supplémentaires. Ces nouvelles livraisons sont prévues sur la période 2021-2023. Elle a précisé qu'il serait possible, pour les États membres, de donner ou revendre une partie de ces doses. 160 millions de citoyens de l'UE, soit un quart, ont déjà reçu au moins une dose de vaccin. 

Pour les Européens, l’urgence n’est donc pas la levée des brevets. D'après M. Macron, « la proposition est pertinente pour les temps à venir, mais elle ne répond pas aux problèmes d’aujourd’hui ». Il a estimé que cette question serait pertinente quand la production de vaccins aurait été suffisante et que le prix de la propriété intellectuelle sera un problème de coût. Cependant, le président français s’est dit favorable à avancer sur la question.

Selon M. Michel, de nombreux dirigeants européens ont estimé que la question de la propriété intellectuelle n’est pas, à court terme, la solution miracle qui résoudrait tout. Il a cependant expliqué que les Européens étaient prêts à discuter de ce sujet « dès qu'une proposition concrète sera mise sur la table ».

Depuis Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, a réitéré son opposition à l'abandon des brevets, estimant que ce n'était pas la solution pour mettre les vaccins à la disposition de plus de monde. « Si un brevet est cédé et que la qualité n'est plus contrôlée, je vois plus de risques que de chances », a-t-elle ajouté.  

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a évoqué la proposition de son pays portant non seulement sur la suspension des brevets, mais aussi sur l'accélération du processus de transmission de la technologie et de la connaissance à tous les pays de la planète (EUROPE 12715/5).

Par ailleurs, M. Michel a précisé que les dirigeants européens, lors de leur réunion du 25 mai, discuteront du certificat vert pour encourager « tous les efforts afin de trouver des accords communs sur ce sujet important ».

Les négociations interinstitutionnelles sont en cours sur le sujet (EUROPE 12712/11). (Camille-Cerise Gessant et Pascal Hansens)