Les dirigeants européens, réunis à Porto, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, via visioconférence, sont convenus, samedi 8 mai, de relancer les négociations sur un accord commercial « équilibré, ambitieux, global et mutuellement avantageux, qui répondrait aux défis actuels ».
« Le potentiel le plus inexploité (dans les relations UE/Inde) se trouve dans le commerce et les investissements », a estimé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les médias.
Alors que des négociations avaient été entreprises en 2007 en vue d'un accord commercial, elles étaient à l’arrêt depuis 2013 (EUROPE 10931/30).
« Pour créer la dynamique positive nécessaire aux négociations, il est impératif de trouver des solutions aux problèmes d'accès au marché qui se posent depuis longtemps », admettent les dirigeants européens et indien dans leur déclaration commune.
Les deux parties ont également décidé de lancer des pourparlers sur deux autres accords : l’un, autonome, sur la protection des investissements et l’autre sur les indications géographiques, qui pourrait être conclu séparément ou intégré dans l'accord commercial, en fonction du rythme des négociations.
Plus largement, l’UE et l’Inde entendent aussi renforcer leur coordination en matière de gouvernance économique mondiale, notamment au sein de l'OMC et du G20.
Les dirigeants indien et européens ont, par ailleurs, initié un partenariat de connectivité « durable et complet » qui favorisera « une connectivité transparente, viable, inclusive, durable, globale et fondée sur des règles ». Concrètement, ce partenariat reposera sur des principes de durabilité sociale, économique, fiscale, climatique et environnementale et sur des conditions de concurrence équitables pour les opérateurs économiques. Les deux partenaires entendent renforcer et élargir leur coopération par le biais de projets, y compris avec des pays et régions tiers, « afin de mettre en place une connectivité numérique, énergétique, de transport et entre les peuples ».
Mme von der Leyen a aussi mis en avant la création d’un groupe de travail à haut niveau sur l’intelligence artificielle et une coopération sur les superordinateurs (supercomputers), évoquant « une plateforme sur la simulation sur le climat, importante pour lutter contre le changement climatique, mais aussi, par exemple, pour suivre le séquençage du virus de la Covid-19 ».
L’UE et l’Inde se sont aussi engagées à favoriser de nouvelles synergies pour contribuer conjointement à un monde « plus sûr, plus vert, plus propre, plus numérique, plus résilient et plus stable », conformément au Programme 2030 pour le développement durable et à l'Accord de Paris. Un premier dialogue à haut niveau sur le changement climatique UE-Inde s’est tenu fin avril et, en marge du sommet, la Banque européenne d'investissement (BEI) et la State Bank of India sont convenues de soutenir une nouvelle initiative de 100 millions d'euros pour le financement d'actions climatiques et d'entreprises durables à fort impact.
Enfin, alors que l’Inde fait face à une deuxième vague de Covid-19 très virulente, les dirigeants européens ont exprimé leur solidarité avec le sous-continent. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a annoncé que l’UE était prête à aider davantage le pays. Dix-sept États membres ont déjà annoncé un soutien à l'Inde et la Commission octroiera une aide de 2,2 millions d’euros via l’OMS pour soutenir les Indiens (EUROPE 12714/3).
Voir la déclaration commune (https://bit.ly/3o2sudg ) et le partenariat sur la connectivité (https://bit.ly/3o1bYtH ). (Camille-Cerise Gessant)