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Bulletin Quotidien Europe N° 12716
SOMMET DE PORTO / Social

Sommet de Porto, les États membres soutiennent les grands principes du plan d’action sur le socle européen des droits sociaux

La symbolique est forte, surtout à l’heure de la pandémie de Covid-19 : les dirigeants européens ont adopté la déclaration du Sommet social de Porto, samedi 8 mai au matin, qui renouvelle leur engagement à mettre en pratique les principes du socle européen des droits sociaux et approuve le plan d’action présenté en mars par la Commission européenne.

« Le Conseil (européen) a été très clair : nous sommes déterminés à poursuivre la mise en œuvre du pilier européen des droits sociaux. Le plan d'action présenté par la Commission fournit des orientations très utiles pour la mise en œuvre de ces droits », s'est félicité, en conférence de presse, le Premier ministre portugais, António Costa, à l'initiative du sommet.

Les dirigeants européens saluent ainsi les « grands objectifs » du plan d’action, sans donner les détails chiffrés (pour en savoir plus : EUROPE 12671/2) et reconnaissent le rôle du processus budgétaire 'Semestre européen' pour les atteindre.

L'incidence de la transformation numérique et de l'intelligence artificielle sur le travail sont également citées et feront l’objet d’une « attention particulière » des États membres. Leurs dirigeants s’engagent à réduire les inégalités, le chômage des jeunes, à défendre des salaires équitables, à lutter contre la discrimination.

La Déclaration de Porto prévoit un suivi « au plus haut niveau » des progrès accomplis en vue de la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux et des grands objectifs 2030. Enfin, les chefs d'État ou de gouvernement saluent la proposition des partenaires sociaux sur un ensemble alternatif d’indicateurs (EUROPE 12715/2).

Ces dispositions ont fait l’objet d’âpres négociations (EUROPE 12714/1), notamment sur deux grands points : le partage des compétences dans le domaine social (les États scandinaves sont contre toute interférence européenne) et la question de l'égalité de « genre » (qui a provoqué l’opposition de la Pologne et de la Hongrie).

Sur ce dernier point, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, s’était justifié, vendredi matin : « La seule difficulté est d'utiliser le terme 'genre' parce que nous, les chrétiens, considérons que le genre est une expression moyenne co-motivée, dont le sens n'est pas clarifié ». « Nous proposons toujours d'utiliser l'égalité entre les hommes et les femmes au lieu de l'égalité de genre. Mais c'est toujours rejeté. Ils n'aiment pas l'approche chrétienne », avait-il constaté.

Répondant à EUROPE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que la dimension sociale dans le cadre de la Facilité pour la relance et la résilience, l'instrument au cœur du plan de relance européen Next Generation EU, ferait l'objet d'un suivi étroit. « Il y a un système détaillé très précis d'objectifs, de jalons, d'estimations de coûts qui doivent être fournies et c'est écrit dans un texte juridique, donc, c'est contraignant », a-t-elle souligné.

Interrogé samedi matin à son arrivée, le président français, Emmanuel Macron, a fait valoir que l’agenda social européen sera une priorité de la Présidence française du Conseil de l'UE au premier semestre 2022, notamment sur la question du dumping fiscal.

Voir la déclaration du Sommet social de Porto: https://bit.ly/3o38PJT (Pascal Hansens)