L'UE, ses États membres et les institutions financières européennes ('Team Europe') vont lancer l'initiative 'Investir dans les jeunes entreprises en Afrique', a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mardi 18 mai, en amont du sommet de Paris sur le financement des économies africaines pour la relance post-Covid-19, organisé par Emmanuel Macron (EUROPE 12583/5).
« Nous voulons surmonter cette pandémie ensemble. L'Europe peut tirer un grand profit de l'économie très jeune et dynamique de l'Afrique. Nos initiatives visent donc à stimuler l'esprit d'entreprise chez les jeunes et à soutenir les petites entreprises, qui constituent l'épine dorsale de l'économie africaine. L'Europe investira également dans des systèmes de santé africains plus résilients et dans la production locale de vaccins.», a déclaré Mme von der Leyen.
Cet investissement dans les petites entreprises combinera soutien financier substantiel et expertise technique.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a insisté sur une double nécessité : inverser une divergence très dangereuse entre les pays avancés et les pays pauvres - l'Afrique au premier chef, dont on prévoit qu'elle aura cette année un taux de croissance de 3,2% contre 6% pour le reste du monde - et mettre la croissance et le développement social en Afrique à l’agenda.
Le FMI propose une action extraordinaire post-Covid-19 de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS).
« Nous devons stimuler la croissance avec des financements publics et privés en mobilisant les financements de la communauté internationale, des donateurs et des pays eux-mêmes. L’ambition est de tirer des DTS de pays comme la France », a-t-elle déclaré à la presse.
M. Macron, lui, a parlé du « sommet de l'urgence et de l'ambition » - urgence sanitaire, « car l'Afrique est peu vaccinée», et urgence économique et sociale du fait du ralentissement de la croissance. Les besoins de financement jusqu'en 2025 sont chiffrés à 285 milliards de dollars, a-t-il indiqué.
Selon lui, les priorités sont les suivantes :
- vacciner 40% de la population africaine : « c’est faisable en 2021, si nous réallouons des doses et permettons de produire plus de doses en Afrique avec de vrais transferts de technologie » ;
- que les 33 milliards de DTS deviennent 100 milliards, qu'ils soient alloués à la Banque africaine de développement et que cela permette aussi de lutter contre le terrorisme ;
- construire un cadre d'affaires stable : « Nous allons lancer une alliance, mobiliser plus les investisseurs du secteur privé, africains et non africains, pour accompagner les financements publics ».
Le président en exercice de l'Union africaine, Félix Tshisekedi, a estimé que « 100 milliards de DTS, ce serait déjà ça » pour relancer les économies africaines « exsangues ».
Et d'ajouter : « Ensuite, nous devrons voir, au niveau de l’Afrique – des organisations régionales –, comment créer un filet de protection financier qui pourrait nous aider à faire face. Nous avons de grands besoins en infrastructures pour relancer l’Afrique ». (Aminata Niang)