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Bulletin Quotidien Europe N° 12721
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Énergie

Le Parlement européen en passe d’adopter sa position sur l’hydrogène et l’intégration des systèmes énergétiques

Réunis en session plénière, les eurodéputés ont tenu un échange de vues sur les stratégies de l’Union européenne en matière d’hydrogène et d’intégration des systèmes énergétiques, lundi 17 mai, avant de se prononcer, mardi (vote des amendements) et mercredi (vote final), sur les projets de rapport d’initiative de Jens Geier (S&D, allemand) et Christophe Grudler (Renew Europe, français) relatifs à ces deux stratégies.

Si les parlementaires sont relativement unanimes quant à la nécessité de développer l’hydrogène et d’établir un système énergétique européen véritablement intégré, ils ont à nouveau exprimé des divergences concernant la place à accorder à l’hydrogène bas carbone (produit à partir de gaz naturel avec des technologies de capture et de stockage du CO2 ou grâce à de l’électricité provenant du nucléaire) par rapport à l’hydrogène renouvelable (produit par électrolyse de l’eau grâce à de l’électricité d’origine renouvelable).

« L’objectif à moyen et long termes doit bien sûr être l’hydrogène renouvelable. Mais pour une période de transition, nous avons également besoin de toute urgence d’hydrogène bas carbone », a notamment estimé Angelika Niebler (allemande), au nom du groupe PPE.

Selon Manuel Bompard (La Gauche, français), en revanche, une stratégie compatible avec les objectifs climatiques de l’UE « ne peut s’appuyer que sur le développement de l’hydrogène vert ». Le député a en outre appelé à prioriser les usages de l’hydrogène renouvelable en raison de son caractère « limité » dû au fait que « les énergies renouvelables et l’eau (nécessaires à sa production) ne sont pas des ressources infinies ».

« Le Parlement s’apprête à adopter une résolution qui fait la part belle à l’hydrogène produit à partir de gaz fossile et de nucléaire », a de son côté déploré Damien Carême (Verts/ALE, français), tout en dénonçant les sommes dépensées par les lobbies gaziers pour influencer la politique européenne sur l’hydrogène (58,6 millions d’euros en un an, selon un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory https://bit.ly/3wiUtrI ). 

Alors que son projet de rapport reconnaît le rôle de l’hydrogène bas carbone, tout en privilégiant l’hydrogène renouvelable (EUROPE 12684/6), Jens Geier, quant à lui, a déclaré : « Je suis convaincu que si nous limitons l’hydrogène à celui qui est produit à partir d’énergies renouvelables et uniquement à partir des excédents de ces énergies, nous repousserons l’utilisation de la technologie de l’hydrogène de nombreuses années ».

Ces divergences se reflètent dans les amendements déposés par les différents groupes. 

Tandis qu’une dizaine d’amendements seulement ont été proposés pour le rapport de M. Grudler sur l’intégration des systèmes énergétiques, plus d’une quarantaine portent sur le rapport de M. Geier relatif à l’hydrogène.

Ainsi, M. Grudler a notamment déposé un amendement prévoyant de « mettre un terme au soutien financier de l’Union à l’hydrogène à faibles émissions de carbone d’origine fossile d’ici à 2030 ».

À l’heure où nous mettions sous presse, le résultat du vote des amendements n’était pas encore connu. EUROPE y reviendra.

Voir les projets de rapport : https://bit.ly/3ynslFK et https://bit.ly/2RrsJm9 (Damien Genicot)

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