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Bulletin Quotidien Europe N° 12715
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les Balkans occidentaux et les relations transatlantiques à l'agenda des ministres européens lundi 10 mai

Un agenda pléthorique attend les ministres européens des Affaires étrangères, lundi 10 mai, en raison du grand nombre de sujets d’actualité sur lesquels ils feront le point avec le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, mais la session sera dominée par les discussions sur les Balkans occidentaux et sur les relations transatlantiques.

Balkans occidentaux. Les ministres auront un échange de vues stratégique sur la manière dont l'UE pourrait être plus présente dans cette région, à laquelle des pays tiers comme la Chine et la Russie font les yeux doux.

« Nous voulons accroître notre présence. C'est très important pour notre sécurité », soulignait, vendredi 7 mai, un haut fonctionnaire européen.

La discussion ne portera donc pas cette fois sur le processus d'adhésion de l'Albanie et de la Macédoine du Nord (voir autre nouvelle), mais sur la relation de l'UE avec les Balkans occidentaux « selon une approche politique ».

Pour le Haut Représentant, la perspective européenne à offrir à ces pays « ne se discute pas » (beyond any discussion), a rappelé ce haut fonctionnaire. Il a confirmé que Josep Borrell souhaitait rencontrer les dirigeants des pays des Balkans occidentaux.

C'est une question géopolitique qui sera discutée par les ministres. « Nous ne revendiquons pas d'exclusivité, mais il est nécessaire que l'UE soit un acteur de premier plan dans l'intérêt de la sécurité de l'Europe et des Balkans occidentaux », a-t-il précisé.

Convenant que le sujet est bien celui des influences étrangères sur la région, ce haut fonctionnaire a indiqué que l'UE reconnaît la souveraineté de ses partenaires en matière de politique étrangère et de politique économique, mais que le fait d'être un pays candidat à l'adhésion à l'UE entraîne aussi des obligations.

Selon une source diplomatique, il s'agira de « voir ce que nous pouvons faire de plus au-delà du processus d'élargissement, à travers un dialogue politique renforcé, une meilleure association à la défense commune, à la politique étrangère, pour témoigner de notre solidarité, par exemple par les vaccins et les aider à réduire les dépendances qu'ils ont pu construire ».

Le dialogue entre Belgrade et Pristina sera également abordé.

Relations transatlantiques. Les ministres discuteront de la relation entre l'UE et les États-Unis, six mois après l'adoption de la communication conjointe à ce sujet et à l'heure de la nouvelle administration Biden.

L'échange portera sur « quel bilan tirons-nous et que pouvons-nous mettre en œuvre, maintenant que tous les interlocuteurs sont nommés, d'ici au sommet UE/États-Unis, annoncé pour la mi-juin : ce que nous pouvons proposer et ce que nous pouvons faire », a résumé une source diplomatique.

Les ministres auront aussi un échange informel par visioconférence avec John Kerry, l'envoyé spécial des États-Unis pour le climat, pour parler du récent sommet climatique organisé fin avril par les États-Unis et de la COP26.

Biélorussie. Un point d’étape sera fait en vue d’une discussion plus substantielle ultérieurement.

Après la reconduction pour un an des sanctions (EUROPE 12667/23), un quatrième paquet de sanctions est en préparation, qui devrait intervenir d'ici juin, tandis que la Commission européenne travaille à un paquet économique

Questions d'actualité.

Sahel. Le haut Représentant rendra compte de son voyage au Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali) du 21 au 24 avril, où il a souligné l’importance stratégique de la région, essentielle pour la sécurité en Europe, et témoigné de l’engagement politique et du soutien de l’UE (EUROPE 12706/20, 12704/24).

« Nous attendons des ministres un engagement à mettre en œuvre la nouvelle stratégie pour le Sahel, qui est plus politique et repose davantage sur la responsabilité », soulignait vendredi un haut fonctionnaire de l’UE.

Santé au niveau mondial (Global Health). Les ministres feront un court point d’étape sur la stratégie de vaccination anti-Covid-19 et la solidarité de l'UE avec les pays tiers, en vue du sommet mondial de la santé qu’organiseront la Commission européenne et la Présidence italienne du G20 à Rome le 21 mai (EUROPE 12714/12).

Iran. M. Borrell rendra compte des travaux de la Commission mixte du plan d’action conjoint (JCPOA) qui ont repris vendredi 7 mai, à Vienne, en vue de sauver les pourparlers sur l'accord nucléaire iranien. Cette quatrième session de discussions risque d'être longue, car elle vise un éventuel retour des États-Unis dans le JCPOA. Il s’agit donc de s’entendre sur la manière d’assurer la mise en œuvre complète et effective de l'accord.

Afghanistan. Alors que le retrait des États-Unis et des alliés de l’OTAN a commencé, les ministres feront le point sur la situation, qui demeure une forte préoccupation pour l’UE et ses États membres. « Il faut voir comment les talibans réagiront. Notre préoccupation est de conserver les progrès réalisés au plan social et politique au cours des deux dernières décennies, en particulier pour les femmes », a souligné un haut fonctionnaire européen.

Une source diplomatique a insisté sur la nécessité pour l'UE de continuer la coordination avec les différents acteurs pour que le processus de paix interafghan puisse repartir et de voir comment continuer à aider la population. « On coordonne nos approches concernant nos ambassades et actions », a déclaré cette source (voir autre nouvelle). Selon une autre source, « il faudrait maintenir la coopération civile avec les Afghans », si les conditions de sécurité le permettent.

Russie. Les ministres prépareront la discussion des chefs d’État et de gouvernement, le sommet du 25 mai étant dédié à la Russie. Lorsqu’ils se retrouveront, la question aura déjà été discutée par les dirigeants des Vingt-sept lors de leur dîner informel à Porto, vendredi 7 mai au soir (EUROPE 12714/4).

Lundi, il s’agira de faire le point sur les actions entreprises : - l’évaluation des mouvements russes à la frontière ukrainienne, le soutien à l’Ukraine, le point sur la mise en œuvre de l’accord de Minsk, la réaction face aux allégations de la responsabilité russe dans l’explosion d'un entrepôt en République tchèque et à l’expulsion des diplomates européens et des mesures envisagées concernant les ambassades à Moscou.

Aucune nouvelle proposition de sanctions ne sera sur la table et l'expulsion de diplomates russes n'est pas envisagée. « Il ne s'agit pas de répondre avec des mesures similaires. Les représailles ne sont pas un outil de politique étrangère », a affirmé un haut fonctionnaire de l'UE.

« Il faut une forme de coordination qui ne conduise pas à l’escalade », selon une autre source, préconisant un message d'unité des Européens.

Report des élections palestiniennes. Les ministres auront un bref échange sur le report des élections annoncé fin avril par le président palestinien, Mahmoud Abbas, et qui préoccupe beaucoup l’UE.

Au nom de l'UE, Josep Borrell avait aussitôt exprimé sa déception, demandé la fixation d’une nouvelle date et réitéré sa demande à Israël de faciliter la tenue des élections sur l'ensemble du territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est (EUROPE 12710/18). « Nous continuerons à passer des messages pour obtenir une nouvelle date », indiquait vendredi une source diplomatique.

Venezuela. Un point rapide sera fait sur la situation, notamment sur la crise sociale et économique. Les ministres devraient réitérer la position de l'UE.

Conclusions du Conseil. Le Conseil adoptera des conclusions sur la Corne de l'Afrique qui souligneront la volonté de l'UE de s'engager de manière plus étendue et d'adapter sa réponse aux nouveaux développements préoccupants en Éthiopie et en Somalie, avec la nécessaire mobilisation de la communauté internationale.

À Londres, les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont dits profondément préoccupés par la poursuite des violences et l'aggravation de la crise humanitaire et des droits de l'homme au Tigré (Éthiopie) et se sont félicités de l'accord conclu entre la Commission éthiopienne des droits de l'homme et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme pour enquêter sur les violations et les abus des droits de l'homme. Ils se sont aussi alarmés que le retrait des troupes érythréennes n'ait pas débuté.

S'agissant de la Somalie, le G7 'Affaires étrangères' s'est dit consterné par la décision de prolonger de deux ans les mandats de Mohamed Farmajo et s'est félicité de la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine de nommer un envoyé spécial.

Cette nouvelle stratégie de l'UE pour la Corne de l'Afrique sera un processus parallèle à celle récemment adoptée pour le Sahel.

Les ministres adopteront aussi, sans débat, les conclusions sur la sécurité et la défense endossées par les ministres européens de la Défense jeudi 6 mai (EUROPE 12712/15). (Aminata Niang)

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