Le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Pacte vert européen, Frans Timmermans, a exprimé de sérieuses réserves concernant la possibilité d’une intervention de la Commission pour réguler le prix du carbone dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’Union européenne, vendredi 7 mai, à l’occasion d’une visioconférence organisée par l’Institut universitaire européen.
« C’est un marché et nous devrions faire très attention à ne pas intervenir, parce que cela créerait un prix non basé sur le marché et cela minerait totalement la crédibilité du système ETS », a ainsi souligné le vice-président.
Cette déclaration intervient alors que certaines industries et des États membres de l’UE, en particulier la Pologne, s’inquiètent de la récente forte hausse du prix du carbone, ce dernier s’établissant actuellement à environ 50 euros la tonne de CO2.
« Si nous voulons atteindre nos objectifs, je pense que le prix devrait être bien supérieur à 50 euros. Mais c’est au marché de décider », a également estimé M. Timmermans, tout en estimant que l’évolution du prix du carbone au cours de ces dernières semaines est en partie due aux anticipations du marché par rapport au paquet législatif ‘Ajustement à l’objectif 55’ de la Commission.
Le Néerlandais a en outre expliqué que le report de ce paquet législatif au 14 juillet (EUROPE 12711/18) a été décidé afin de garantir que l’institution soit en mesure de présenter toutes les propositions incluses dans le paquet le même jour, une option privilégiée à celle consistant à diviser le paquet et à présenter certaines propositions plus tôt que d’autres.
Selon M. Timmermans, cette solution est préférable afin d’éviter que les États membres n’examinent chaque proposition isolément. « Nous avons besoin d’un paquet pour montrer que c’est équitable pour tout le monde, même s’il y a une partie (du paquet) que vous n’aimez pas », a-t-il ainsi déclaré. (Damien Genicot)