Pour la première fois, vendredi 7 mai, partenaires sociaux, société civile, représentants d’organisations internationales, représentants des institutions européennes et chefs d’État ou de gouvernement se sont retrouvés autour de la thématique de l’Europe sociale, à l’occasion du Sommet social de Porto. Objectif : accélérer la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux dans le sillage de la pandémie.
« Si Göteborg était tout entier dédié au principe, Porto est tout entier dédié à l’action », a tenté de résumer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans son discours d’ouverture devant un parterre de dirigeants européens (à l'exception de trois, dont la chancelière allemande, Angela Merkel), insistant sur les trois grands objectifs du plan d’action du socle européen des droits sociaux (EUROPE 12671/2).
Ainsi, l’un des mots d’ordre du jour parmi les présidents des institutions européennes était l’importance de passer à des actions « concrètes », comme l’ont martelé le président du Parlement européen, David Sassoli, ou le Premier ministre portugais, António Costa, au nom de la Présidence du Conseil de l'UE. Et le deuxième mot d’ordre portait sur le rôle cardinal que devaient jouer les partenaires sociaux, présents au Sommet et qui ont pu échanger avec les leaders européens tant par voie bilatérale que durant les ateliers thématiques organisés pour l’occasion (EUROPE 12714/1).
Dans leurs discours conclusifs, les partenaires sociaux ont montré leur convergence autour de la déclaration adoptée ce jour, les objectifs du plan d'action du socle européen des droits sociaux, mais aussi les habituelles divergences sur les moyens de les atteindre.
Pierre Gattaz, le président de BusinessEurope, a reconnu qu’il n’était pas totalement en ligne avec les récentes propositions de la Commission européenne (en creux, la directive sur le salaire minimum). Selon lui, pour réussir la relance économique, il est nécessaire d’alléger les lourdeurs administratives. Alban Maggiar, de SMEunited, a également insisté sur les lourdeurs pour les PME.
Au contraire, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), Luca Visentini, a mis l’accent sur l’importance d’une directive « ambitieuse » relative au salaire minimum. Il a par ailleurs marqué son enthousiasme à l’endroit de la future directive sur les plateformes des travailleurs. Il a réclamé en outre que les plans nationaux de relance et de résilience réservent une part importante aux questions sociales.
La question de l’acquisition des compétences a semblé faire consensus parmi les partenaires sociaux, Pascal Bolo, président de SGI Europe, ayant centré la quasi-intégralité de son intervention sur ce thème.
Le point d'orgue du Sommet social : la journée de samedi 8 mai, avec l'adoption de la déclaration du Sommet de Porto des dirigeants européens, qui devrait réaffirmer l'Europe sociale et l'égalité des genres, malgré les réticences de plusieurs États membres et des négociations difficiles (EUROPE 12714/1).
Pour consulter la déclaration commune adoptée entre les partenaires sociaux, la Commission européenne, le Parlement européen, et la Présidence portugaise du Conseil de l’UE : https://bit.ly/33p52NJ (Pascal Hansens et Camille-Cerise Gessant)