Voilà quelques jours que la Commission européenne le répète sur tous les tons : la campagne de vaccination dans l’Union européenne s’accélère. Vendredi 23 avril, sa présidente, Ursula von der Leyen, s’est même dite « convaincue » que l’Union aurait suffisamment de doses à sa disposition pour vacciner 70% de sa population adulte contre la Covid-19 dans les trois mois à venir. L’objectif initialement fixé à septembre a donc été avancé à juillet.
Mme von der Leyen s’exprimait à l’issue d’une visite du site de production Pfizer de Puurs (Belgique), qui, selon le PDG de l’entreprise, Albert Bourla, devrait produire à lui seul, d’ici mai, « plus de 100 millions de doses par mois » du vaccin mis au point avec BioNTech.
Le site en question a en effet obtenu de l’Agence européenne des médicaments (EMA), ce vendredi, l’autorisation d’augmenter encore de 20% sa capacité de production. « Cela en fera l'un des plus grands sites de remplissage et de conditionnement de vaccins en Europe », s’est félicitée Mme von der Leyen.
Pfizer/BioNTech irréprochable
Les relations entre l'institution européenne et le duo américano-allemand sont au beau fixe (EUROPE 12701/9).
Le troisième contrat en cours de négociation avec Pfizer/BioNTech – portant sur la livraison d’1,8 milliard de doses d'ici 2023 (EUROPE 12698/1) – sera ainsi « conclu dans les jours à venir », a indiqué Mme von der Leyen. Ces doses, a-t-elle souligné, devraient notamment permettre de vacciner les enfants et les adolescents.
« Oui, nous avons eu des difficultés au tout début, mais nous avons pu les surmonter grâce à un portefeuille de vaccins large et avec l’aide de partenaires solides et fiables tels que Pfizer/BioNTech », a-t-elle assuré.
Un point repris ensuite par le Premier ministre belge, Alexander De Croo, présent lors de la visite, qui a salué le fait de pouvoir travailler avec des partenaires tenant leurs délais.
Enfin, outre le rôle de premier plan joué par Pfizer/BioNTech dans l’accélération de la campagne de vaccination, l’importance de la technologie de l’ARN messager a également été mise en avant.
« Les vaccins à ARNm seront un élément central de la préparation de l'UE à la lutte contre le coronavirus et contre d’autres pandémies », a de nouveau soutenu la présidente (EUROPE 12703/17).
Le vaccin d’AstraZeneca toujours soutenu par l’EMA
Autant de cases que ne cochent pas AstraZeneca et son vaccin Vaxzevria. S’agissant des délais de livraison, tout d’abord, l’hypothèse selon laquelle la Commission initie une procédure judiciaire contre le fabricant sur ce point (EUROPE 12704/1) se concrétiserait, et aurait désormais le soutien de la quasi-totalité des États membres, toujours selon Politico.
Une réunion du comité de pilotage de l'UE pour l'achat groupé de vaccins anti-Covid-19 s’est tenue ce vendredi, a confirmé un porte-parole de la Commission. Ursula von der Leyen a toutefois indiqué dans l’après-midi qu’aucune décision n’avait encore été prise.
Ensuite, concernant l’administration de Vaxzevria, l’EMA a rendu de nouvelles analyses vendredi, « afin d'aider les autorités nationales à prendre des décisions sur la meilleure façon d'utiliser le vaccin sur leur territoire ».
Conclusions : « Les graphiques montrent plus de cas [de caillots sanguins accompagnés d’un faible taux de plaquette] dans le groupe d'âge le plus jeune que dans le groupe le plus âgé. Et l'autre observation frappante est l'augmentation des bénéfices au fur et à mesure que l'on monte dans les tranches d'âge », a résumé le chef du groupe de travail sur les méthodes et l'analyse des données, Peter Arlett.
Sur les risques et les avantages fondés sur le sexe, les données disponibles dans l’UE étant encore insuffisantes, les évaluations se poursuivront.
Ces effets secondaires plus graves, mais « très rares », se produiraient chez une personne vaccinée sur 100 000, a rappelé l’EMA, pour qui le rapport bénéfices/risques du vaccin d'AstraZeneca demeure positif quel que soit le scénario observé.
L’agence européenne a en outre recommandé de continuer à administrer une seconde dose de Vaxzevria entre 4 et 12 semaines après l'administration de la première dose. (Agathe Cherki)