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Bulletin Quotidien Europe N° 12705
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ACTION EXTÉRIEURE / Afghanistan

Un parlementaire afghan s’inquiète d’un possible regain de violence après le départ des troupes étrangères

Un membre du Parlement afghan, sous couvert d’anonymat, a fait part à EUROPE, le 21 avril, de ses inquiétudes concernant le retrait des troupes américaines et alliées d’Afghanistan.

L’OTAN a annoncé le retrait progressif de ses troupes à partir du 1er mai (EUROPE 12699/6).

Tout en disant respecter cette décision, le parlementaire a expliqué que « du point de vue de la majorité des Afghans, il y a des craintes. Ils s'inquiètent que ce retrait puisse conduire le pays à plus de violence, voire à une guerre civile ». « Au moment où le processus de paix devenait plus sérieux, ce n'était pas une très bonne décision, non seulement pour les Afghans, mais aussi pour le monde entier », a-t-il ajouté.

Les discussions de paix, qui devaient reprendre à Istanbul le 24 avril, ont été repoussées, car les talibans ont refusé de négocier pendant le ramadan. Celui-ci prend fin le 12 mai. Mais ce retard pourrait aussi être une tactique pour voir la situation sur le terrain après le départ des troupes internationales et essayer de reprendre le pays par la force.

Pour cet élu, la communauté internationale doit donc continuer de mettre la pression sur les talibans et poursuivre son soutien aux Forces de défense et de sécurité nationales afghanes. Selon lui, ces forces dépendent actuellement à 90 voire à 95% des donateurs internationaux pour l’aide et le soutien. « Si elles ne sont pas correctement soutenues, ce sera un désastre », a-t-il prévenu.

« Si nous recevons un soutien logistique, financier, notamment aux forces spéciales et à l'armée de l'air, nous pourrons peut-être encore gérer la situation (sur le terrain) et faire en sorte que les talibans viennent à la table des négociations », a-t-il expliqué, ajoutant que « ce qui se passera sur le champ de bataille déterminera le résultat des négociations ». Selon lui, si les talibans sentent qu’ils peuvent remporter la victoire sur le terrain, ils n’auront pas de raison de venir à la table des négociations.

Selon ce parlementaire, actuellement, environ 20 des 34 provinces du pays seraient le théâtre de combats, même si ce nombre varie tous les jours.

Il a aussi estimé que son pays avait besoin du soutien international également en matière d’éducation, d’infrastructures et de développement.

Interrogé sur le départ de nombreux Afghans vers l’UE – les Afghans étaient, en février 2021, la deuxième nationalité en termes de demande de protection internationale, derrière les Syriens, selon EASO – le parlementaire a justifié ce phénomène par les conflits dans son pays. « La peur et l'inquiétude après la décision de retrait augmentent, ce qui pourrait conduire à plus de réfugiés afghans vers l'Europe », a-t-il prévenu. (Camille-Cerise Gessant)

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