La France a demandé à la Commission européenne, jeudi 22 avril, d'agir « fermement » pour garantir la mise en œuvre de l'accord de pêche post-Brexit conclu entre l'UE et le Royaume-Uni.
La ministre de la Mer, Annick Girardin, et le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, ont, dans un communiqué commun, rappelé « la nécessité d'une action ferme et déterminée de la Commission européenne pour assurer la pleine application de l’accord » (voir autre nouvelle).
« La délivrance complète des licences d’accès aux eaux britanniques, le règlement rapide de questions essentielles comme celle des bases avancées doivent être assurés au plus vite », font-ils valoir.
Plus d'une centaine de marins pêcheurs se sont mobilisés dans la nuit de jeudi à vendredi, à Boulogne-sur-Mer, pour protester contre « le mensonge » de l'accord post-Brexit sur la pêche.
Les pêcheurs dénoncent le retard pris dans l'attribution des licences pour accéder aux eaux britanniques. Dans le cadre de l’accord, le Royaume-Uni doit délivrer des licences de pêche pour la zone des 6-12 miles marins. Or, selon les Français, le Royaume-Uni n'a accordé de licence pour accéder aux eaux britanniques qu'à 22 bateaux sur 120.
La Commission a récemment indiqué que les licences pour certains navires de l’UE qui pêchent à Jersey et à Guernesey ont été prorogées jusque fin juin, dans l’attente d’un terrain d’entente portant sur une période plus longue (EUROPE 12697/12).
La Commission a déjà traité toutes les demandes. Lors du point presse de vendredi 23 avril, un porte-parole de la Commission a assuré que la première priorité dans le secteur de la pêche, était « de veiller à ce que les demandes de licences puissent être traitées très rapidement ». La Commission n’a plus aucune demande de licence qui serait en cours de traitement au niveau de ses services, a-t-il ajouté. Mais la Commission souhaite s’assurer que le Royaume-Uni accorde ces licences.
Seulement une vingtaine de demandes de pêcheurs de l'Union européenne seraient encore en suspens. « Donc, il n'y a plus rien sur les bureaux de la Commission ; tout est encore en suspens du côté des autorités britanniques sur ces vingt demandes », a ajouté l’institution.
L'accès aux eaux territoriales britanniques se fonde sur des données historiques. Seuls les navires qui ont l’historique nécessaire en matières de captures peuvent obtenir l'autorisation. 87 bateaux ont été autorisés jusqu’alors. Pour les 21 bateaux supplémentaires, la Commission attend la confirmation britannique.
Lien vers le communiqué de presse : https://bit.ly/3v600S6 (Lionel Changeur)