La Confédération européenne des syndicats (CES) a salué le rapport porté par Dennis Radtke (PPE, allemand) et Agnes Jongerius (S&D, néerlandaise) sur la directive visant à instaurer un salaire minimum décent, présenté jeudi 22 avril. Mais elle estime que toutes ces mesures ne suffiront pas à inverser la tendance à la hausse des inégalités au sein de l'UE.
La CES est notamment satisfaite du fait que les deux eurodéputés ont précisé dans leur rapport (EUROPE 12704/26) que les syndicats, et pas seulement les « organisations de travailleurs » (‘workers organisations’) comme le proposait la Commission européenne (EUROPE 12591/8), participent aux négociations collectives.
Les organisations syndicales ont en outre salué la clarification faite par deux parlementaires selon laquelle les syndicats doivent avoir accès aux lieux de travail. Elles approuvent par ailleurs pleinement le seuil de décence introduit en dessous duquel un salaire minimum ne peut être accepté.
De même, elles se félicitent de la proposition d’interdire l’accès aux marchés publics aux entreprises qui ne respectent pas le droit des travailleurs de se syndiquer et de négocier collectivement et de la reconnaissance de la nécessité de veiller à ce que les plans nationaux de négociation collective luttent contre le démantèlement des syndicats.
Toutefois, la CES estime que ces modifications ne vont pas permettre de lutter réellement contre les inégalités croissantes dans l’UE. Et de rappeler qu’au sein de l’UE, deux travailleurs sur cinq ne bénéficient pas de salaires négociés collectivement et que 24 millions de travailleurs perçoivent un salaire minimum inférieur au seuil de pauvreté. Dans les deux tiers des États membres de l’UE, les travailleurs reçoivent une part du PIB national inférieur à ce qu’ils touchaient au début de la décennie.
Ainsi, certes les amendements des parlementaires « ralentiraient l’augmentation des inégalités », a jugé Esther Lynch, la secrétaire adjointe de la CES, mais, selon elle, il faut « beaucoup plus » après une « décennie de baisse des salaires, de travail précaire et d’augmentation des inégalités ». (Pascal Hansens)