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Bulletin Quotidien Europe N° 12704
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / SantÉ

La Commission européenne renonce à l’achat des 100 millions de doses optionnelles du vaccin anti-Covid-19 d'AstraZeneca

Le vaccin anti-Covid-19 d’AstraZeneca ne suscite décidément pas le même intérêt que celui de Pfizer/BioNTech auprès de la Commission européenne (EUROPE 12701/9). L’institution a en effet renoncé à activer l’option d’achat des 100 millions de doses supplémentaires dont elle aurait pu bénéficier, au titre du contrat signé avec le groupe pharmaceutique suédo-britannique.

« Le délai pour activer l’option est passé », a indiqué à la presse un porte-parole de la Commission, jeudi 22 avril.

Ce délai n’est, en revanche, pas encore parvenu à échéance avec Johnson & Johnson, a-t-il précisé, sans toutefois s’étendre sur les intentions de la Commission à l’égard de cet autre vaccin, dont le déploiement dans l’UE débute seulement (EUROPE 12702/1).

Les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson ayant causé chez quelques patients des cas de caillots sanguins atypiques, les États membres jouent la prudence : une dizaine d’entre eux ont notamment décidé de restreindre l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, chacun selon ses propres règles.

Nouvelles analyses de l’EMA

Pour revenir à une approche plus cohérente à l’échelle de l’Union, la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, a de nouveau demandé à l’Agence européenne des médicaments (EMA) de lui fournir des analyses sur le vaccin suédo-britannique (EUROPE 12694/2).

« Je m’attends à recevoir ces analyses demain », a répété jeudi, à plusieurs reprises, la commissaire devant la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) du Parlement européen.

Mme Kyriakides attend de cette analyse qu’elle permette de « mieux caractériser » les risques du vaccin d’AstraZeneca selon les différents groupes d’âge, de sexes et selon tout autre facteur qui pourrait être identifié.

Par ailleurs, elle demandera à l’EMA des recommandations quant à la procédure à suivre concernant l’injection de la deuxième dose du vaccin d’AstraZeneca. « L’objectif est ensuite de consulter tous les ministres de la Santé, toujours sous la Présidence portugaise, afin d’avoir une approche cohérente », a-t-elle ajouté.

Résolution de conflit

La firme anglo-suédoise est, quoi qu’il en soit, toujours à la peine s’agissant de la livraison de ses doses : 70 millions devraient arriver au deuxième trimestre. C'est « moins que ce que nous attendions », a commenté Mme Kyriakides. 180 millions de doses avaient en effet été initialement annoncées.

La procédure de résolution de conflits enclenchée fin mars avec AstraZeneca au sujet du non-respect de ses engagements en matière de livraison est d’ailleurs toujours en cours (EUROPE 12681/2). Selon des informations obtenues par Politico, la Commission s’apprêterait à passer à l'étape supérieure en initiant une procédure judiciaire contre le fabricant.

La majorité des pays de l’UE auraient déclaré y être favorables lors d’une réunion de leurs ambassadeurs, mercredi. « Aucune décision n’a pour l’heure été prise », a tempéré, jeudi, le porte-parole de la Commission chargé de la Santé. « Quelles que soient les mesures prises, elles le seront conjointement par la Commission et les États membres », a-t-il insisté.

Restaurer la confiance

Pour accélérer encore cette campagne de vaccination, des efforts seront en outre nécessaires en matière de communication, ont insisté jeudi les eurodéputés de la commission ENVI.

« Il est important que la Commission agisse pour convaincre les citoyens. Nous avons besoin de campagnes ciblées », a souligné le coordinateur du PPE, l’Allemand Peter Liese, insistant notamment sur l’importance de garantir que les campagnes d’informations sur la vaccination parviennent aussi « à ceux qui ne parlent pas la langue », par exemple.

Sara Cerdas (S&D, portugaise), quant à elle, a dénoncé un manque de clarté, regrettant que les informations données par les institutions aient pu être « parfois très contradictoires ».

Plusieurs eurodéputés ont interrogé Stella Kyriakides sur les mesures que la Commission entendait prendre pour restaurer la confiance dans les vaccins.

« Nous travaillons sur cette question en étroite collaboration avec une plateforme d’épidémiologistes », a-t-elle brièvement répondu, insistant cependant sur le rôle « très important » des eurodéputés quant à la diffusion des informations et à la promotion de la vaccination au niveau local. (Agathe Cherki)

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