L’accord provisoire sur la ‘Loi climat’ conclu entre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne mercredi 21 avril est loin de faire l’unanimité, que ce soit au sein du Parlement ou du côté de la société civile. Principal sujet de discorde : l’objectif d’une réduction nette des émissions de gaz à effet de serre de l'UE d’au moins 55% fixé pour 2030.
Rejoignant ses collègues Jytte Guteland (S&D, suédoise) et Pascal Canfin (Renew Europe, français) - qui n’ont pas tari d’éloges sur cet accord à l’issue des négociations (EUROPE 12703/1) -, le négociateur pour le groupe PPE, Peter Liese (allemand), a qualifié l’accord d’« historique ».
Et d'ajouter : « L’objectif de 55% est très ambitieux, étant donné que nous avons réduit (nos émissions) de 25% entre 1990 et 2020 et que nous devons maintenant les réduire de 30% en 9 ans. Il y a de quoi être fier ».
Du côté du groupe La Gauche, en revanche, l’accord est vu comme « une énorme déception », selon les mots de la négociatrice pour le groupe, Silvia Modig (finlandaise). À l'instar du négociateur pour les Verts/ALE, Michael Bloss (allemand), cette dernière a souligné que l’objectif 2030 arrêté représente une réduction réelle des émissions de seulement 52,8% (EUROPE 12703/1), tout en regrettant que l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050 ne s’applique pas aux États membres individuellement.
Le groupe CRE, au contraire, s’est félicité que l’objectif de neutralité climatique soit fixé pour l’ensemble de l’UE, étant donné que « certains pays ont plus de chemin à parcourir ». Les conservateurs ont en outre jugé l’objectif 2030 à la fois « trop ambitieux » et « fondé sur des analyses d’impact médiocres ».
Déception des ONG environnementales
Les ONG environnementales, pour leur part, ont largement critiqué cet accord, fustigeant en particulier l’objectif 2030 jugé contraire à ce que la science exige.
« L’UE est plus préoccupée par le fait d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent au sommet climatique de Biden (des 22 et 23 avril) que par ce que cela signifie pour l’urgence climatique », a notamment déclaré Silvia Pastorelli, membre de Greenpeace. (Damien Genicot)