La Conférence des présidents des groupes politiques (CoP) du Parlement européen a approuvé, jeudi 4 mars, le projet de déclaration interinstitutionnelle énonçant les objectifs et les modalités de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, avec dans le viseur la tenue d'un événement de lancement le 9 mai à Strasbourg.
Le texte, qui avait fait l'objet d'un accord politique unanime au Conseil de l'UE la veille (EUROPE 12670/3), a été approuvé par l'ensemble des groupes politiques à part le groupe souverainiste CRE, qui s'est abstenu.
Au nom du groupe Renew Europe, Dacian Cioloș aurait quand même demandé un report d'une semaine de la décision afin d'obtenir des clarifications sur la gouvernance de la Conférence au quotidien. « Certains groupes comme Renew Europe voulaient plus de précisions sur le rôle du PE et ses responsabilités au sein du comité exécutif », a indiqué la présidente du groupe S&D, Iratxe García Perez, à quelques journalistes.
Avec cet accord, le président du PE, David Sassoli, a reçu mandat de signer la déclaration avec les représentants de la Commission européenne et du Conseil de l'UE, étape qui devrait intervenir mercredi 10 mars, en marge de la session plénière du Parlement.
Outre les difficultés liées à la situation sanitaire, la question de la gouvernance a longtemps retardé les discussions du trio institutionnel. Le Parlement européen n'a donc pas obtenu que Guy Verhofstadt (Renew Europe, belge) préside officiellement la Conférence. La déclaration agréée introduit en effet une coprésidence à tous les niveaux de gouvernance et notamment au comité exécutif ('executive committee') chargé de piloter les travaux au quotidien.
Dans une déclaration spécifique présentée jeudi, la CoP souligne que « le Parlement jouera un rôle prépondérant » dans cet exercice de consultation qui contribuera à « la construction d'une Union des citoyens ». « En tant que chefs de groupes représentant la grande diversité des citoyens de l'UE, nous sommes convaincus que le rôle de premier plan du Parlement se reflétera dans les travaux et l'organisation pratique de la Conférence elle-même », ajoute-t-elle.
Le Parlement a notamment obtenu que tous les groupes politiques soient en mesure de participer au comité exécutif (3 groupes membres à part entière et 4 groupes en tant qu'observateurs), y compris les groupes eurosceptiques et europhobes, afin que ceux-ci n'accusent pas les groupes pro-européens fortement impliqués dans la Conférence de baillonner les voix dissonantes.
Il revient désormais aux groupes politiques de choisir leur représentant qui siégera au sein du comité exécutif. Chez Renew Europe, ce sera Guy Verhofstadt. D'aucuns, comme Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), sont d'avis que l'ancien premier ministre belge deviendra le leader naturel du comité, même si aucun rôle officiel ne lui a été attribué. Le groupe S&D doit encore en discuter avant de choisir son représentant, a indiqué Mme García Perez.
La socialiste espagnole a estimé qu'il fallait désormais « aller de l'avant ». « Je ne veux pas que les citoyens soient au final les perdants uniquement à cause d'un conflit de structure », a-t-elle souligné. (Mathieu Bion)