Le groupe des Verts/ALE a publié, jeudi 4 mars, une étude visant à évaluer l’impact économique d’un rehaussement à 60% de l’objectif de l’Union européenne en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, en comparaison avec un objectif fixé à 55%.
Réalisée par Cambridge Econometrics, une organisation spécialisée dans l’analyse de données, l’étude conclut qu’un objectif de réduction des émissions de 60% est possible économiquement.
Selon les auteurs, les mesures jugées nécessaires pour atteindre une telle réduction pourraient conduire à un PIB dans l’UE supérieur de 1,8% au scénario de base d’ici à 2030, en raison principalement de l’investissement supplémentaire requis, et à une hausse de l’emploi de 0,5% (1,1 million d’emplois). Dans le cas d’une réduction des émissions de 55%, la différence en termes de croissance du PIB par rapport au scénario de base ne serait que d’un peu plus de 0,5%, et la hausse de l’emploi ne s’élèverait qu’à 0,2%.
Cela serait également vrai pour chaque État membre individuellement, sauf pour la Pologne où « les influences sur le PIB sont moins positives dans le scénario à 60% que dans le scénario à 55% » (0,4% contre 0,8%), montre en outre l’étude.
Les auteurs estiment que cet objectif plus ambitieux demanderait un effort d’investissement de 112 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030, soit 3% de plus que dans le scénario d’un objectif de 55 %.
D’après eux, les mesures requises nécessiteraient une dépense publique annuelle allant jusqu’à 87 milliards d’euros au cours des premières années. Et de préciser : « Par la suite, les recettes provenant du système ETS de l’UE et de la taxe carbone (appliquée après 2025) sont suffisamment importantes pour payer ces coûts ».
Enfin, il est à noter que l’étude comporte des limites. Cambridge Econometrics n’a, par exemple, pas pu analyser les conséquences de chaque mesure individuelle ni les interactions essentielles entre les mesures.
Voir l’étude : https://bit.ly/2MKpXWI (Damien Genicot)