Les eurodéputés de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont reconnu, jeudi 4 mars, que les producteurs s’étaient montrés « résilients » durant la crise de la pandémie de Covid-19. Mais certains secteurs sortent très affaiblis de la crise, ont-ils déploré, lors d’un débat sur la situation des marchés agricoles.
Le représentant de la Commission européenne a notamment noté une « forte hausse des prix des aliments pour animaux ».
Herbert Dorfmann (PPE, italien) a évoqué les problèmes qui existent sur le marché du vin. « Ces secteurs qui souffrent, comme le vin et les restaurants, nous devons les aider », a-t-il ajouté.
Norbert Lins (PPE, allemand), le président de la commission de l’agriculture du PE, a concédé que le secteur de la viande porcine commencait à « voir la lumière au bout du tunnel ».
Selon Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), le secteur du lait ne va pas si bien que cela.
Zbigniew Kuźmiuk (CRE, polonais) a évoqué les difficultés dans le secteur des volailles.
La situation délicate du secteur de la viande de veau a été soulignée par Annie Schreijer-Pierik (PPE, néerlandaise).
Anne Sander (PPE, française) a demandé à la Commission de venir en aide au secteur de la viande bovine, et Irène Tolleret (Renew Europe, française) a parlé des problèmes rencontrés par les secteurs du fromage et du vin.
« Il ne faut pas criminaliser le vin et la viande rouge », a dit Paolo De Castro (S&D, italien), à propos du plan d’action contre le cancer de la Commission qui prévoit de réduire les aides de l'UE à la promotion de ces produits jugés moins durables.
Commerce. « Il faut s’assurer que l’agriculture ne sera pas un pion dans les négociations commerciales avec les pays tiers », a lancé Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise). Elle a interrogé la Commission sur les aspects ‘durabilité’ de l’accord commercial avec les pays du Mercosur (engrais, pesticides, antibiotiques).
Ivan David (ID, tchèque) a critiqué l’objectif de la Commission de consacrer 25% des terres agricoles à la culture biologique. « Il n’y a pas de demande correspondante », selon lui.
Clara Aguilera (S&D, espagnole) s’est inquiétée du secteur espagnol de la tomate, « à cause de l’accord avec le Maroc » (contingents de tomates marocaines). Elle a aussi dénoncé, avec d'autres, les droits antidumping sud-africains qui frappent les livraisons de volailles de l'UE. (Lionel Changeur)