Les dirigeants européens ont une nouvelle fois fait le point sur la pandémie de Covid-19, lors d’une visioconférence, jeudi 25 février, en s’intéressant tout particulièrement au moyen d’accélérer la fabrication et la livraison de vaccins.
C’est un « message de vérité et d’espoir » qui ressort de cette conférence, a résumé le président du Conseil européen, Charles Michel.
Piqûre de rappel aux entreprises pharmaceutiques
Pour ce qui est du message de vérité, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur le risque que faisaient peser les nouveaux variants, plus contagieux, sur les États membres. Ce, alors que la souche britannique est enregistrée dans 26 États membres, la sud-africaine dans 14 et la brésilienne dans 7 États membres. Quant à l’espoir, la présidente de la Commission a maintenu l’objectif européen de vacciner 70% de la population d’ici l’été (EUROPE 12639/1).
Pour atteindre cet objectif, l’UE, très en retard par rapport à Israël, au Royaume-Uni ou encore aux États-Unis, doit accélérer le rythme.
« Nous devons accélérer d’urgence l’autorisation, la production et la distribution des vaccins ainsi que la vaccination. Nous devons également renforcer notre capacité de surveillance et de détection afin d’identifier les variants le plus tôt possible afin de contrôler leur propagation », soulignent les Vingt-sept dans leur déclaration commune adoptée à l’issue de la réunion.
Lors du tour de table, les dirigeants européens ont exprimé leur soutien au groupe de travail sur la vaccination emmené par Thierry Breton (voir autre nouvelle) et sur l’initiative sur les variants 'Incubateur HERA'. Au cours de leur échange, la présidente de la Commission leur a présenté une carte d’Europe avec les sites de production (41 en tout) et ceux où l’on pourrait produire davantage.
Voir les diapositives présentées : https://bit.ly/3pYclEO
Maintien du mécanisme d’autorisation des exportations
Les Vingt-sept ont confirmé leur soutien au mécanisme d’exportation de vaccins contre le coronavirus lancé pour s’assurer que les entreprises respectent bien leurs engagements vis-à-vis de l’UE avant de procéder à des exportations hors UE (EUROPE 12647/2).
« Il faudrait regarder la possibilité d’avoir la même chose pour les composants des vaccins, les traitements et les diagnostics », a suggéré le président français, Emmanuel Macron.
D’après nos informations, plusieurs pays, à l’instar de l’Irlande, la Suède et la Belgique, ont toutefois insisté sur le fait que ce mécanisme ne devait pas empêcher les entreprises qui ont une activité dans les chaînes de production mondiale de fonctionner.
« Si nous regardons le schéma, la grande majorité des exportations sont faites par Pfizer/BioNTech (95 %) et le reste par Moderna. Or, les deux honorent leur contrat », a affirmé Ursula von der Leyen, indiquant être en discussion avec AstraZeneca « où il y a place à l’amélioration en termes de réalisation du contrat ».
Licences, tests et OMS
Comme l’indiquait déjà le projet de texte, la déclaration des Vingt-sept charge la Commission européenne de tirer les enseignements de la pandémie d’ici juin 2021. Ils s’engagent de leur côté à « travailler pour améliorer la coordination de l’UE, conformément aux compétences de l’Union au titre des traités ».
Une approche sur laquelle était revenu le président du Parlement européen, David Sassoli, plus tôt dans la journée. « Certaines de nos contradictions et de nos limites dans les réponses que nous apportons à la crise sont dues en grande partie au fait que nous créons, jour après jour, ces compétences dans une démarche qui témoigne d’une grande responsabilité politique et morale qui vient compenser le manque de véritables pouvoirs », a-t-il indiqué. Avant de poursuivre : « Vous conviendrez avec moi que ce ne sera plus un tabou que de vouloir modifier les traités pour les enrichir et faire en sorte que l’Europe puisse réagir efficacement ».
À noter aussi que la chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays vient de valider trois tests antigéniques utilisables à domicile, a demandé que le centre de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) fasse également une évaluation qualitative de l’auto-test.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a indiqué de son côté avoir reçu « de plus en plus de soutien pour son traité international sur les pandémies », y compris de la part de pays tiers.
Voir la déclaration des Vingt-sept : http://bit.ly/3uy4m4T (Sophie Petitjean, avec la rédaction)