« Je souhaite dire que toute proposition de compromis supplémentaire ne doit pas remettre en cause l'équilibre atteint dans les négociations et nécessiter d'ouvrir l'accord à nouveau », a déclaré l'ambassadeur argentin auprès de l'UE, Pablo Ariel Grinspun, aux députés de la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen. Celle-ci accueillait une audition sur l'accord avec le Mercosur, jeudi 25 février, en présence de plusieurs experts.
L'ambassadeur a clairement indiqué que la balle était désormais dans le camp des Européens. Notamment sur la question de la déclaration additionnelle pour clarifier des engagements sur la protection de l'environnement. « Nous sommes préoccupés, car le temps s'écoule et nous n'avons pas reçu de signal de l'UE permettant de travailler de manière conjointe sur ces thèmes », a ajouté l'ambassadeur, dont le pays occupe la Présidence tournante du Mercosur pour six mois.
Cette position est soutenue par la Commission européenne ainsi que les eurodéputés du groupe du PPE, qui considèrent que conclure l'accord serait bien plus bénéfique que de le rejeter. « Si nous n'y allons pas, d'autres le feront. La Chine est déjà en train d'essayer de renforcer sa présence dans cette région », a mis en garde Luisa Santos, directrice générale adjointe à la fédération patronale BusinessEurope.
Les députés du PPE Sven Simon (allemand) et Christophe Hansen (luxembourgeois) ont, eux aussi, tenu à souligner qu'à leur avis, l'accord offrirait un certain nombre d'avantages économiques des deux côtés de l'Atlantique. Pour Véronique Lorenzo, qui dirige la division 'Amérique du Sud' de Service européen de l'action extérieure (SEAE) , « c'est une affaire de crédibilité de conclure maintenant ». Elle a précisé que le travail sur la déclaration commune était en cours et que le Parlement européen et les États membres seraient consultés à ce sujet dans les prochaines semaines.
Le rapporteur Jordi Cañas (Renew Europe, espagnol) a appelé ses collègues à arrêter le blocage et à prendre en compte les bénéfices globaux de l'accord. « Plus nous débattons, plus nous constatons que l'accord est bon », a-t-il martelé devant ses collègues.
Plusieurs groupes politiques ne sont toujours pas convaincus de l'efficacité de la déclaration additionnelle pour les chapitres de développement durable. Pour les Verts/ALE, une partie du S&D, et La Gauche, il faut rouvrir les négociations. Ils ont été soutenus sur ce point par deux experts présents : Sophia Paulini, chercheuse en droit européen à l'Université de Rotterdam, et Per Hilmersson, secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES). L'asymétrie des échanges entre les deux parties, les atteintes aux droits des travailleurs et le manque de mesures contraignantes ont été pointés du doigt par ces deux intervenants. (Léa Marchal)