La commission de l’agriculture du Parlement européen a protesté, mercredi 24 février, contre le manque de marge de manœuvre de la Présidence portugaise du Conseil de l’UE dans les négociations sur les plans stratégiques de la politique agricole commune (PAC).
Le dernier trilogue sur ce dossier, le 23 février, n'a pas permis de réaliser de progrès (EUROPE 12659/14).
Sur plusieurs sujets, comme les définitions (agriculteur actif, prairies et pâturages permanents) ou encore le plafonnement des aides, « les positions restent trop divergentes pour parvenir à un accord », a reconnu le président de cette commission, Norbert Lins (PPE, allemand).
Le rapporteur sur les plans stratégiques, Peter Jahr (PPE, allemand), a estimé que le Conseil de l’UE avait un « problème », car la Présidence portugaise du Conseil ne peut pas modifier le mandat. Or, selon le rapporteur, « il faut faire bouger les lignes ».
Le PE réclame une définition obligatoire de la notion d’agriculteur actif (le Conseil s'y oppose). Il n’y a pas de solution non plus sur la convergence interne des aides (réduction des différences de valeur des droits afin de rapprocher ces valeurs de la moyenne) et « c’est assez agaçant », a lancé M. Jahr.
Maria Noichl (S&D, allemand) a reproché au Conseil d’être « méprisant » à l’égard du PE.
Selon Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), le Conseil « joue la montre » pour faire accepter au PE, au dernier moment, de mauvais compromis. Le Conseil veut renationaliser la PAC, a relevé Luke Ming Flanagan (La Gauche, irlandais).
Des bonnes nouvelles. Peter Jahr a annoncé de « bonnes nouvelles », avec des discussions sur la formation des jeunes agriculteurs ou sur la définition du nouvel agriculteur de plus de 40 ans.
Un vif débat a eu lieu sur la définition des montants unitaires pour les interventions du développement rural. « Nous comprenons les souplesses demandées par les États, mais nous devons garantir le caractère commun de la PAC », a insisté M. Jahr. (Lionel Changeur)