Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton a indiqué, jeudi 25 février, à l’issue d’une réunion informelle des ministres européens chargés de la Compétitivité, que les modalités du futur Instrument d’urgence du marché unique, annoncé plus tôt dans la semaine (EUROPE 12664/29), devraient être un peu plus détaillées en avril.
« Nous exposerons nos réflexions en avril dans notre paquet 'Industrie et marché unique' [initialement prévu en mars - EUROPE 12664/28, NDLR]. Mais, en fait, un règlement ne suivra probablement qu'après », a-t-il répondu à EUROPE.
« L'idée n'est pas seulement de s'appuyer sur des solutions ad hoc et sur la bonne volonté lorsque nous avons une crise qui nous pousse à téléphoner à des ministres individuels, comme moi l'année dernière, et ce que je fais encore un peu maintenant », a-t-il ironisé. L’objectif, a-t-il souligné, est de garantir la libre circulation des biens, des services et des personnes, dans une plus grande transparence et une meilleure coordination, ceci afin d’accélérer la prise de décisions lors des situations de crise.
Coopération avec les États-Unis
Mercredi 24 février, le président américain, Joe Biden, a signé un décret pour évaluer les dépendances américaines vis-à-vis de pays tiers dans quatre domaines : les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques, les terres rares et les batteries de grande capacité.
Sollicité par EUROPE pour une réaction, M. Breton a dit ne pas être surpris par cette décision. « Nous avons fait exactement le même exercice et exactement pour les mêmes sujets clés », a-t-il commenté, estimant que l’Europe et les États-Unis avaient le même « agenda » sur ces quatre domaines.
Pour le commissaire, qui est responsable de la 'task force' visant à accélérer la production de vaccins anti-Covid-19 (EUROPE 12663/9), les États-Unis et l’Union européenne partagent également un agenda parallèle dans la lutte contre la pandémie. « Je pense que nous comprenons de plus en plus que nous aurons besoin de coopérer et que nous le ferons certainement », a estimé le commissaire, qui prévoit une capacité de production de vaccins similaire entre les deux continents d’ici la fin de l’année.
« Nous serons de loin, de très loin, les deux continents étant en mesure de fournir suffisamment de vaccins. Pour nos propres concitoyens, bien sûr, mais aussi pour la planète entière. Cela nous donne une responsabilité », a-t-il conclu.
L'importance des investissements transfrontaliers via Next Generation EU
Durant la session du matin, les ministres ont confirmé leur volonté d'attribuer un rôle prééminent au Conseil ‘Compétitivité’ dans la mise en œuvre de la Facilité pour la relance et la résilience, l'instrument budgétaire au cœur du Plan de relance européen Next Generation EU, notamment pour mieux coordonner les actions entre États membres.
À ce titre, il a été question du développement des projets multinationaux. Interrogé par EUROPE sur l’opportunité de développer de tels projets, le ministre portugais à l’Économie et à la Transition numérique, Pedro Siza Vieira, a jugé que les projets importants d’intérêt européen communs (PIIEC) pouvaient constituer une voie. Pour le Portugais, il importe de toujours prendre en compte les intérêts des PME dans ces projets.
La question de l’autonomie stratégique a été évoquée de manière récurrente. Mais, comme à chaque fois sur cette question sensible, les ministres issus principalement d’Europe du Nord ont insisté sur l’importance de maintenir l’Union « ouverte » au monde et de défendre le multilatéralisme. (Pascal Hansens)