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Bulletin Quotidien Europe N° 12656
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Femmes

Aucun État membre n’a atteint, en 25 ans, les objectifs de la Convention de Pékin sur les droits des femmes, regrette le PE

Sombre bilan pour l’égalité de genre que celui dressé par le Parlement européen dans sa résolution adoptée jeudi 11 février. Le texte, soutenu par une très large majorité (505 voix pour, 109 contre, 76 abstentions), détaille les progrès accomplis et les enjeux à venir, 25 ans après l’adoption du programme d’action de Pékin en faveur de l'autonomisation des femmes.

Les objectifs fixés dans ce programme, acté sous l’égide de l’ONU, n’ont en effet été atteints par aucun des vingt-sept États membres, note « avec inquiétude » le Parlement, se fondant sur le cinquième examen du programme publié par l’Institut européen pour l’égalité de genre (EIGE) en 2020.

S’ils reconnaissent que des progrès ont, malgré tout, été accomplis – davantage de femmes nommées à des postes de décision, par exemple –, les eurodéputés déplorent des avancées trop lentes et rappellent notamment, à cet égard, que l’écart de rémunération entre hommes et femmes reste égal à 14% en Europe et que l’écart de pension entre hommes et femmes atteint 40% dans certains États membres de l’UE.

Menaces et retours en arrière

Par ailleurs, les avancées obtenues se révèlent fragiles, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a vu une résurgence des violences faites aux femmes et accentué les inégalités de genre, économiques notamment. Les responsabilités familiales auraient contraint 7,7 millions de femmes en Europe à quitter le marché du travail, contre 450 000 hommes, indique, entre autres, la résolution, citant de nouveau l’EIGE.

Outre les incidences de la crise sanitaire, les eurodéputés alertent sur « les tendances au retour en arrière » observées dans certains pays de l’UE.

La Pologne, en particulier, est mentionnée à plusieurs reprises dans la résolution et a été maintes fois pointée du doigt lors du débat sur le sujet organisé mercredi 10 février.

La Polonaise Sylwia Spurek (Verts/ALE) a regretté notamment que les femmes dans son pays soient confrontées à une remise en cause de leur droit à avorter (EUROPE 12654/5), une absence de protection face à la violence et parfois aucun accès aux gynécologues.

Ratifier la Convention d'Istanbul

Sans mentionner aucun pays, la commissaire à l’Égalité, Helena Dalli, a regretté pour sa part les oppositions au cadre de lutte contre la violence à l’égard des femmes dans l’UE, « parfois fondée sur le fait que le mot 'genre' est utilisé ». La Pologne, la Hongrie et la Bulgarie ont récemment empêché l'adoption de deux projets de conclusions du Conseil pour ce motif (EUROPE 12614/26).

Un « tabou » également pointé du doigt par l’eurodéputée Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, France), qui a appelé l’UE à gérer « ses propres contradictions ».

« Certains gouvernements au sein de l’Union font ouvertement campagne contre la Convention d’Istanbul » (EUROPE 12609/5), a dénoncé Katalin Cseh (Renew Europe, hongroise).

Le Parlement, au contraire, a plaidé, une énième fois, dans sa résolution, pour la ratification de cette convention par l’Union. (Agathe Cherki)

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