Le vice-président de la Commission européenne aux Affaires interinstitutionnelles, Maroš Šefčovič, était arrivé à Londres jeudi 11 février en fin d’après-midi pour rencontrer le ministre britannique Michael Gove dans le cadre du comité mixte sur l’accord de retrait et le protocole nord-irlandais.
Les deux hommes devaient notamment revenir sur la demande britannique d’assouplir des dispositions du protocole pour desserrer la pression sur les exportateurs nord-irlandais et de Grande-Bretagne.
Une demande qui n'était pas forcément très bien perçue par les États membres de l'UE, qui y voient une potentielle tentative de détricotage de l’accord de retrait, mais que Londres justifie par la grande angoisse créée par l’épisode de l’article 16 et de l’exportation des vaccins. Les données économiques sont aussi mauvaises en ce moment au Royaume-Uni, avec des exportateurs dont l’activité est réduite à cause de la mise en place de la nouvelle relation commerciale.
Le vice-président avait rendu publique, le 10 au soir, une lettre adressée à son homologue en amont de cette visite. Une visite dont le résultat n’était pas connu à l’heure de notre bouclage. Dans cette lettre, le vice-président rappelle que le protocole était la solution unique agréée par les deux côtés pour préserver la paix sur l’île d’Irlande et la spécificité économique de l’île et qu’il reste le seul à même de répondre aux défis extraordinaires causés par le départ du Royaume-Uni de l’UE.
Promettant de tout faire pour que le protocole s’applique le mieux possible, le vice-président relève aussi dans son courrier des lacunes du côté britannique, par exemple le fait que les contrôles sur les marchandises ne sont pas pleinement appliqués, en dehors des contrôles sur les animaux vivants. L’Union n'a pas non plus pleinement accès aux systèmes d’information pour ces contrôles alors que cela avait été acté dans une décision en décembre dernier.
Le vice-président explique de manière générale que l'UE ne peut pas aller plus loin que les flexibilités prévues par ce protocole. Cette réponse a « déçu » le gouvernement britannique, a dit un porte-parole cité par l'AFP.
Pour Michel Barnier, pas de renégociation possible
Pour le négociateur de l’UE sur la future relation, Michel Barnier, l’accord est bien terminé, « la négociation est finie, il n’y aura pas de nouvelle négociation sur l’accord et sur le commerce », a-t-il commenté le 11 février, lors d’un évènement public.
« On est ouvert à trouver des solutions techniques, opérationnelles, ouvert à faciliter les échanges, mais on doit respecter les règles », a dit l’ex-négociateur. « Et un point clef pour nous est de contrôler tous les produits qui entrent dans le marché unique », ces « contrôles doivent être faits ».
Michel Barnier a d’ailleurs indiqué, lors de cet évènement, que l’UE avait déjà des doutes concernant certaines pratiques d’entreprises britanniques utilisant des fausses boîtes aux lettres en Irlande du Nord pour s’assurer un passage vers le marché unique.
Lien vers la lettre : https://bit.ly/3q6NShz (Solenn Paulic)