En vue d’une discussion qu’auront les ministres européens des Finances mardi 16 février, la Commission européenne a esquissé, dans un document de réflexion officieux, des pistes pour le financement et les priorités politiques de la reprise post-Covid-19 des pays à faibles revenus pour faire face au risque d’une crise majeure de la dette publique (EUROPE 12649/2).
La discussion ministérielle préparera les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, dans le cadre d'une initiative globale de l'Union européenne pour la relance mondiale.
Dans le document daté du 9 février et vu par EUROPE, la Commission préconise d’aller au-delà des 183 millions d'euros déjà alloués par l’UE au Fonds du FMI de réduction des catastrophes et de secours (CCRT) pour l'allègement de la dette de 29 pays à faibles revenus - montant qui visait à aider ces pays à répondre à leurs besoins immédiats de dépenses sociales, sanitaires et économiques (EUROPE 12607/10).
Au niveau mondial, la Commission estime que l’UE devrait continuer à avoir une position commune au G7 et au G20 et, plus largement, au niveau multilatéral.
Elle souligne à cet égard l’importance de poursuivre la mise en œuvre transparente de l’initiative G20-Club de Paris de suspension du service de la dette (DSSI), qui a été étendue jusqu’à fin juin (EUROPE 12618/29), et du cadre multilatéral commun pour le traitement coordonné de la dette au-delà de cette initiative.
Selon la Commission, il conviendrait aussi d’explorer la possibilité d’étendre ce cadre commun aux pays à revenus intermédiaires en situation de surendettement.
Alors qu'une réunion du 'G7 Finances' aura lieu ce vendredi 12 février sous présidence britannique, la France réitère sa proposition que le FMI procède à l'émission de près de 500 milliards de droits de tirage spéciaux d'ici à 2025 afin qu'une partie de cette émission aide les économies en difficulté (18 milliards pour les pays africains). Elle organisera en mai un sommet pour le financement des économies africaines.
Au niveau des pays tiers à faibles revenus et partenaires de l'UE, la Commission suggère une approche ‘Team Europe’ (impliquant l'UE, ses États membres, les banques BERD et BEI), qui pourrait s’appuyer sur trois piliers :
1) un dialogue sur les engagements politiques pour la réalisation des objectifs onusiens de développement durable (ODD) et des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat afin d’élaborer des stratégies de relance post-Covid-19 et des plans de relance fondés sur les principes de ‘ne pas nuire’ ('do no harm') et de 'reconstruire en mieux' ('building back better', selon la terminologie de l'ONU et du Forum économique mondial) ;
2) un dialogue sur une stratégie de financement durable, par lequel l'UE et ses États membres aideraient ces pays à intégrer les ODD et l'Accord de Paris dans leurs stratégies de financement en vue de soutenir 'une croissance verte et durable' ;
3) la fourniture d'une assistance financière et technique qui sertait fondée sur ces deux types de dialogue. (Aminata Niang)