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Bulletin Quotidien Europe N° 12656
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Éthiopie

Alarmés par la crise humanitaire au Tigré, les eurodéputés exhortent l'UE à tout faire pour que cessent les combats

Des allégations graves de violations des droits humains et du droit humanitaire au Tigré, 4,5 millions de personnes ayant besoin d'aide humanitaire d'urgence, dont 2,5 millions de personnes déplacées, la plupart du territoire de cette région éthiopienne considéré comme zone de crise dans la classification de l'insécurité alimentaire - une étape avant la famine : députés européens et Commission ont exprimé, jeudi 11 février, leur extrême préoccupation.

« La situation humanitaire devient dangereusement de plus en plus critique », a déclaré devant le Parlement européen la commissaire européenne aux Partenariats internationaux, Jutta Urpilainen, jeudi 11 février, rappelant l'appel lancé lundi par l'UE au plein accès humanitaire immédiat et à la protection des civils (EUROPE 12653/14).

Elle s'est dite « impatiente de travailler avec le Parlement européen et le ministre des Affaires étrangères finlandais, Pekka Haavisto, pour mettre en œuvre les recommandations » de ce dernier à l'issue de sa mission en Éthiopie et au Soudan (EUROPE 12654/23).

Au cours du débat, les députés ont appelé l'UE à tout faire pour éviter une tragédie et la déstabilisation de toute la Corne de l'Afrique.

« Le gouvernement fédéral éthiopien doit respecter ses engagements et mettre en place des corridors humanitaires », a estimé Jan-Christoph Oetjen (Renew Europe, allemand).

Au-delà de la crise humanitaire, György Hölvényi (PPE, hongrois) a évoqué un risque d'afflux de migrants vers l'Europe et Catherine Griset (ID, française) « une crise migratoire ».

« Le rapport de Human Rights Watch est accablant. Comment le Premier ministre Abiy Ahmed peut-il justifier ses opérations militaires ? L'accès de l’aide humanitaire est urgent, mais le respect des lois aussi », a souligné Marie Arena (S&D, belge), plaidant pour que l'UE « fasse passer à M. Abiy le message qu'il devra comparaître devant la justice pour crimes de guerre ».

Plusieurs députés ont dénoncé l'ingérence de l'Érythrée, à l'instar de Ryszard Czarnecki (CRE, polonais), évoquant des milices, ou Adam Bielan (polonais) du même groupe, inquiet de rapport faisant état de soldats érythréens soumettant des réfugiés à des retours forcés. « On ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les violations des droits humains», a-t-il dit. « Le Premier ministre Abiy a-t-il payé des Érythréens pour commettre des délits ?», s'est interrogé Erik Marquardt (Verts/ALE, allemand). 

La commissaire Jutta Urpilainen a affirmé que l'UE n’était pas restée les bras croisés. L'an dernier, l'UE a mobilisé 63 millions € d'aide humanitaire pour l'Éthiopie, dont 18 millions pour lutter contre la crise. 6 millions € d'aide ont été allouéspour les réfugiés éthiopiens au Soudan et 88,5 millions € d’appui budgétaire au gouvernement éthiopien ont été suspendus.

Une mission technique d'observation, composée d'experts du Danemark, de la Suède et de République thèque, partira cette semaine pour aider à suivre la situation de près.

Selon Mme Urpilainen, une réponse efficace à la tragédie exige notamment « l'unité entre la Commission, le Parlement et le Conseil et la coopération avec des pays comme la Suisse, la Grande-Bretagne et les États-Unis ». (Aminata Niang)

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