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Bulletin Quotidien Europe N° 12636
POLITIQUES SECTORIELLES / BiodiversitÉ

Le PE donne la parole aux experts sur les enjeux d'écosystèmes sains pour les humains et la planète

À l'heure où 1 million d'espèces sont menacées d'extinction, l'urgence d'agir pour inverser la tendance à la perte de la biodiversité mondiale d'ici 2030 et de mieux prendre en compte les liens entre destruction de la nature et risques de pandémies a fait l'unanimité des experts lors de l'audition publique organisée par la commission de l'environnement du Parlement européen, jeudi 14 janvier.

L'objectif était d'alimenter les travaux parlementaires sur la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030, en amont de la COP15 (voir autre nouvelle).

Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), a rappelé que la perte de biodiversité s'accélérait en raison du changement d’affectation des terres, du changement climatique et du commerce d’espèces sauvages.

« Face à l'urgence, nous devons changer de systèmes alimentaires, de transport, énergétique et réduire notre empreinte à une échelle sans précédent », a estimé Sabien Leemans, au nom du WWF. Elle a regretté que le 'Pacte vert européen' n'ait pas été intégré dans la nouvelle PAC et que son financement soit insuffisant (10% du budget de l'UE post-2020). 

Pour garantir que les zones terrestres et marines, une fois restaurées, ne soient pas dégradées, elle a estimé qu'il faudrait les intégrer dans les zones protégées du réseau 'Natura 2000'.

Les défis posés à l'agriculture ont été évoqués. Thomas Resl, directeur de l'Institut fédéral autrichien de recherche sur l'économie agricole, a insisté sur la nécessité de se pencher sur les liens entre productivité et biodiversité, soulignant que la production bio permet une plus grande biodiversité, mais avec un rendement plus faible.

En Autriche, l'objectif de 25% de bio a déjà été atteint en 2019. Pour le soja, la betterave sucrière et les céréales, avec 2/3 de rendement par rapport à la culture conventionnelle. Mais pour les pommes de terre, le rendement était de moitié, avec des pertes de revenus d’un tiers. 

 Katia Karousakis, responsable 'biodiversité' à la direction de l'OCDE, a souligné la nécessité de revoir la politique réglementaire et de réviser à la hausse l'ambition des instruments économiques et autres instruments volontaires - taxes sur la biodiversité, redevances, subventions positives, paiements pour les services écosystémiques, sur lesquels 110 pays fournissent des données - et d'améliorer le financement. 

Le financement mondial (sources publiques et privées) se chiffre entre 78 et 91 milliards de dollars par an, selon le rapport de l'OCDE au G7. « Les subventions nuisibles ou potentiellement nuisibles sont 5 à 6 fois supérieures», a-t-elle dit.

'One Health'. Peter Daszak, de l'Alliance EcoHealth, qui a présidé l'atelier de l'IPBES sur la biodiversité et les pandémies, a rappelé que le rapport publié en octobre plaide pour une approche préventive et mondiale (EUROPE 12592/24).

Figurent dans les politiques envisagées les deux options suivantes : - réunir les organisations de santé et de commerce et constituer un conseil intergouvernemental de haut niveau ; - l'approche 'One Health' réunissant la santé humaine, des animaux et la protection de l’environnement. (Aminata Niang)

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